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FRANCE : Les nano dans l’alimentation : rôles et compétences de l’ANSES ?

Par MD et l'équipe Avicenn - article initialement publié dans la lettre VeilleNanos n°8/9 du 30 décembre 2013

La 3ème réunion du comité de dialogue "Nanomatériaux et Santé" de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) s’est tenue le 13 juin dernier. Nous avons présenté notre dossier synthétique « Nano et Alimentation » publié sur veillenanos.fr le mois précédent. L'Association nationale des industries alimentaires (ANIA) a reconnu à cette occasion qu’elle ne peut plus dire aujourd’hui qu’il n’y a pas d’utilisation de nanos par l’industrie agro-alimentaire. Une confirmation chiffrée est arrivée fin novembre avec le bilan de l’ANSES sur la première année de mise en place de la déclaration obligatoire des nanos en France (voir page suivante).
Lors de cette réunion de juin, Avicenn a soulevé la question du rôle de l'ANSES et des différents participants à ce comité de dialogue dans la construction collective d’une vigilance effective sur les risques associés à ces utilisations de nano dans l’alimentation. Faute de quoi, sans message fort et actions concrètes tangibles, la défiance des citoyens et consommateurs vis-à-vis des autorités sanitaires et des pouvoirs publics pourrait s'exacerber.
Nous avons également questionné l’ANSES sur la façon dont elle envisage d'exploiter les données collectées dans le cadre de la déclaration obligatoire des nanomatériaux, ainsi que sur les moyens qu’elle peut mobiliser pour évaluer les risques potentiels qui y sont associés.
→ Concrètement, y a-t-il parmi les laboratoires de l’ANSES la possibilité technique de contrôler la présence de nanomatériaux dans des aliments ou surfaces de contact avec les denrées alimentaires ?
Sont-ils en mesure de déterminer si les nanomatériaux éventuellement détectés lors des contrôles ont été intégrés à dessein par l'industrie agroalimentaire ou sont en fait des résidus de nanomatériaux qui se sont retrouvés "incidemment" dans l'environnement et dans notre alimentation ?
Les laboratoires de l’ANSES peuvent-ils évaluer les risques pour la santé des nanomatériaux présents dans notre alimentation ?

Ces questions seront déclinées progressivement lors des prochains comités de dialogue.
De premières réponses ont néanmoins été apportées. Dans le programme NANOGENOTOX, six mois ont été nécessaires pour mettre au point un protocole pour obtenir que les rats testés soient pauvres en silice naturellement pour s’assurer que la silice que l’on détectait chez eux soit bien la silice ingérée dans le cadre des recherches. Quant aux outils pour « semi-quantifier » la silice digérée et diffusée dans ses organes, ils ne sont pas aussi performants que ce qui serait souhaité.

→ Autant dire que le chantier est immense et important. Pourtant, nous venons d’apprendre que l’ANSES aurait décidé de mettre fin aux recherches menées au sein de ses laboratoires sur les risques nano dans l’alimentation ou l’eau de boisson.
Nous attendons la confirmation de cette information, pour laquelle l’explication avancée tiendrait à la faiblesse des moyens dont dispose l’ANSES. A noter : le principal ministère concerné, le Ministère de l’agriculture et de l’agroalimentaire ne contribue pas au financement des projets de recherche nano de l’ANSES. Nous avons interrogé le Ministère pour savoir s’il finance des recherches sur les risques des nanos dans l'alimentation dans le cadre d'autres instances ou appels à projets. A l’heure de la publication de cette lettre, le Ministère n’avait pas donné suite à notre sollicitation.

En revanche le Ministère du Travail finance un projet de recherche sur les effets de l’ingestion de nanoparticules sur la santé (les travailleurs qui inhalent des nanomatériaux en avalent aussi une partie) réalisé dans l’unité ToxAlim de l’INRA de Toulouse.
Les recherches qui y sont menées pourront évidemment contribuer à éclairer ce qui se passe aussi pour les consommateurs qui ingèrent des nanos via l’alimentation. Mais comment s’accommoder d'une telle faiblesse de mobilisation de nos institutions concernant les risques nano dans l'alimentation ? Se couper de l’expertise interne développée au sein de laboratoires nationaux de l’ANSES est-il une bonne stratégie alors que l’indépendance de l’expertise est si difficile à garantir (comme en témoignent les problèmes de conflits d’intérêt au sein de l’EFSA) ou encore tout récemment la polémique autour de la nomination de M. Boffeta au sein de l’INSERM) ?

La prochaine réunion du comité de dialogue « nano et santé » de l’ANSES (date encore indéterminée) devrait être l’occasion d’obtenir des éclaircissements - et, espérons-le, des avancées - sur ces questions.


Pour aller plus loin, voir notre rubrique Nano et Alimentation