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Les précédents n° de la lettre VeilleNanos

Quelques réflexions éthiques sur la nanomédecine en 2013

Par MD et l'équipe Avicenn - brève initialement publiée dans la lettre VeilleNanos n°8/9 du 30 décembre 2013

Voici une sélection 2013 de considérations éthiques soulevées par la nanomédecine :

Thierry Magnin, physicien, professeur des universités, juin 2013
"Les nano-biotechnologies en médecine : Questions éthiques" : c’est le titre de l’intervention désormais disponible en vidéo de Thierry Magnin dans le cadre de l'Université d'été Sciences, éthique et société 2013, organisée par l'Espace éthique Ile-de-France les 11 et 12 juin 2013.
Le responsable du groupe de recherche "Épistémologie et éthique des sciences et technologies" de l’université catholique de Lyon y présente les promesses de la nanomédecine (comme les nanomédicaments vectorisés par exemple) puis les questions éthiques et métaphysiques posées par les nouvelles biotechnologies, en particulier lorsqu'elles sont utilisées sur l'humain. Car les nanobiotechnologies modèlent notre rapport à la nature, au monde et à nous-mêmes. Au-delà des études nécessaires du classique rapport bénéfices-risques, ces nouvelles nano-biotechnologies posent des questions en termes de buts poursuivis, de relation au vivant et à la vie, de représentation de la nature et de place de l'homme dans celle-ci. Autant de questionnements à la croisée des sciences biologiques et de la philosophie à retrouver également, très résumées, dans le Huffington Post du 12 juin 2013.

Kostas Kostarelos, Directeur du Nanomedicine Lab, juin 2013
"Les avancées technologiques permettront très bientôt de disposer d’appareils interagissant avec le corps humain. (…) Les personnes en situation de handicap tireront un immense profit de ces avancées, mais quel est le cadre éthique, juridique et social qui résultera de l’utilisation à grande échelle de ces technologies ? Les nanomatériaux permettront de réduire la taille des dispositifs, qui pourront de ce fait être implantés par simple injection ou tatouage. (…)
On aura des choses comme des prothèses auditives, des aides à la vision, voire des aides à la mémoire high-tech. Pourra-t-on parler de dopage à grande échelle ? (…)
Les personnes qui porteront des implants cérébraux pour améliorer leur vision ou leurs capacités intellectuelles seront-elles traitées différemment de celles qui auront choisi de s’en passer ? Serait-il réaliste d’instaurer une réglementation, et jusqu’où devrait-elle aller ? (…)
Le défi sera de fixer une ligne claire qui, dans le monde entier, ne pourra être franchie, et qui limitera l’“amélioration humaine” aux personnes qui en ont besoin pour des raisons médicales, quels que soient leur notoriété ou leurs moyens financiers".

→ Extrait de l’article de Kostas Kostarelos, Directeur du Nanomedicine Lab de l’University College de Londres (UCL), publié dans le Guardian en juin 2013 et traduit par Courrier International.

Jean-François Mattei, professeur émérite d’éthique médicale et ancien ministre de la santé, novembre 2013
"Certains courants de pensée comme le transhumanisme entendent augmenter les performances de l’homme jusqu’à le transformer, notamment en utilisant des prothèses, pour en faire un être hybride (un cyborg), voire un robot. Ce faisant, à l’avenir, la notion d’humanité pourrait changer. Les valeurs qui font l’humanité de l’homme – la dignité, le respect de la vie – seraient remplacées par la recherche de la performance. La science offrant de nouvelles possibilités, on peut comprendre qu’il y ait un débat".

→ Extrait de l’article de La Croix Où mettre la limite éthique entre «l’homme réparé» et «l’homme augmenté», 18 novembre 2013

Jean-Michel Besnier, Professeur de philosophie à l’université Paris Sorbonne, novembre 2013
"S’il est en apparence augmenté, l’homme est en fait simplifié. On “élémentarise” l’homme, puis on le raboute, mais finalement il reste élémentarisé. Cette pratique est préoccupante, car elle crée une illusion d’amélioration, alors qu’en fait elle ne sert qu’une activité professionnelle quasi automatique et constitue une forme d’aliénation.
Par ailleurs, au travers de ce débat, ne retrouve-t-on pas un questionnement qui s’est déjà posé à d’autres sciences. Ainsi en est-il de la psychanalyse de Freud ou de la médecine expérimentale de Claude Bernard, qui ont soulevé des questions cruciales concernant le normal et le pathologique. Ici, certes, c’est la combinaison entre les sciences du vivant, du chimique et de l’information (qu’on appelle NBIC), qui pose un problème éthique. (…)
On répare, on raboute, on associe, on combine… les briques du vivant. Cela donne l’impression d’une espèce de bricolage, d’une approche mécaniste, un peu démiurgique, du vivant".

→ Extrait de l’article de La Croix Où mettre la limite éthique entre «l’homme réparé» et «l’homme augmenté», 18 novembre 2013


⇒Les 17 et 18 octobre 2013 un atelier « Nanomédecine : enjeux philosophiques » a été organisé en clôture du programme de recherche ANR Nano2E ; voir le résumé des échanges de l'atelier.