home Contact Espace collectif
rss
bandeau
Lien vers: PagePrincipale
Rubriques thématiques :

Retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
twitter-veillenanos
Lien vers: https://twitter.com/#!/VeilleNanos fb-avicennl
Lien vers: https://www.facebook.com/VeilleNanos

Newsletter VeilleNanos

Tous les n° de la lettre VeilleNanos
LettreVN016--very-nano
Abonnez-vous gratuitement ici

Alertes thématiques

Notre compilation d'actus :gadget_wikinanos_small
Lien vers: http://wikinanos.fr



Toutes nos publications

- en librairie
EditionsYMichel_logo_small4

Quels effets néfastes des nanomatériaux sur la santé ?

Par MD, SD et l'équipe Avicenn - Dernière modification le 6 juin 2016

Cette fiche est la troisième partie de notre Dossier Nano et Risques pour la santé. Elle a vocation à être complétée et mise à jour avec l'aide des adhérents et veilleurs de l'Avicenn. Vous pouvez vous aussi contribuer à l'améliorer en nous envoyant vos remarques à l'adresse redaction(at)veillenanos.fr.

Sommaire :

Des risques pour la santé encore mal cernés

Fruit de l'évolution, le corps humain s'est adapté à un environnement relativement stable depuis des milliers d’années : il a développé depuis longtemps des mécanismes de défense contre les agressions extérieures. Mais depuis plus d'une cinquantaine d'années maintenant, soit un temps très court au regard de l'évolution, un nombre exponentiel de molécules chimiques de synthèse ont été mises sur le marché, avec pour certaines des effets très néfastes sur notre organisme, qui n'est pas armé pour y faire face. Aux problèmes liés au plomb, au mercure, au DDT, aux perturbateurs endocriniens, etc. viennent désormais s'ajouter des enjeux sanitaires liés aux nanoparticules manufacturées, qui du fait de leur petite taille, peuvent pénétrer dans le corps humain et se diffuser ensuite dans l'organisme... avec des effets encore très mal connus sur la santé humaine pour plusieurs raisons :

  • il n'y a pas d'études épidémiologiques chez l'homme1 ; les études menées jusqu'à présent ont été effectuées principalement in vitro sur des cellules isolées ou sur des organes mis en culture, plus rarement in vivo chez l’animal : les résultats ne sont donc pas nécessairement généralisables à l'homme ;

  • les effets des nanomatériaux sont très différents d'un nanomatériau à un autre : ils dépendent fortement des caractéristiques physico-chimiques des nanomatériaux considérés (par exemple, les nanoparticules de dioxyde de titane et de carbone sous forme fibreuse génèrent plus d'effets inflammatoires que les formes sphériques)

  • les effets des nanomatériaux varient en fonction de l'état dans lequel ils pénètrent dans l'organisme (différent selon l'étape du cycle de vie des nanomatériaux) et des transformations qu'ils subissent dans l'organisme au contact d'autres éléments (notamment les différents fluides biologiques : sang, lymphe, salive, suc gastrique, mucus, etc. dont l'acidité ou la teneur en sel, par exemple, affectent la toxicité des nanomatériaux).ParamPCAbsCellNano
Lien vers: http://pubs.acs.org/doi/abs/10.1021/cr3002627
Reproduit par ANSES 2014, traduit par Avicenn


  • du fait de leur petite taille et des transformations qu'elles subissent au cours de leur parcours dans l'organisme, et malgré des progrès en nanométrologie, les nanoparticules restent difficiles à détecter, à quantifier, à caractériser et à suivre dans le corps humain et jusque dans les cellules.

Des effets néfastes très préoccupants

Plusieurs cas de pathologies observées chez des travailleurs exposés aux nanoparticules ont déjà été rapportés et les premiers résultats des études menées à ce jour font état d'effets néfastes très préoccupants, au point que les assureurs sont pour l'instant très réticents à assurer les risques des nanotechnologies et/ou nanomatériaux.
Beaucoup d'aspects restent encore à creuser, voilà déjà ce que l'on sait aujourd'hui :

- Effet des nanomatériaux sur les organes :

  • Dans les poumons, les nanomatériaux peuvent provoquer à court terme une inflammation pulmonaire : les macrophages ne parviennent pas toujours à éliminer les nanomatériaux non agrégés et agglomérés, dont l'accumulation peut causer à la longue une inflammation pouvant conduire à certaines pathologies pulmonaires ; les nanotubes de carbone rigides et longs soulèvent des inquiétudes sur leur capacité à provoquer des réactions pulmonaires similaires à celles induites par l'amiante2

  • D'autres effets toxiques ont déjà été démontrés au niveau du cœur, du foie, de la rate, de l'estomac, des reins notamment3 (oedèmes du foie, lésions du coeur, mastocytes dans les tissus de l'estomac chez de jeunes rats par exemple4).

- Effet des nanomatériaux sur les cellules (cytotoxicité) :

C'est au niveau cellulaire que s'intéressent la majorité des études sur la toxicité des nanoparticules à ce jour ; il s'agit d'observer la survie des cellules après l'exposition.

A titre d'exemple, pour des cellules nerveuses5 :
  • il a été montré que les nanoparticules peuvent alors avoir des effets sur la morphologie, le fonctionnement et la viabilité des cellules (détérioration du cytosquelette cellulaire, lésions des membranes cellulaires et des mitochondries, interruption de la synthèse d’ATP) ; l’échelle nanoparticulaire permet à la particule d’interagir avec les différents organites de la cellule.
  • une augmentation du stress oxydant ainsi que des inflammations cérébrales entraînées par des nanoparticules ont également été mises en évidence, or ces deux phénomènes sont susceptibles d’endommager les neurones et d’accélérer les maladies neurodégénératives, telles que les maladies d’Alzheimer ou de Parkinson
  • les nanoparticules paraissent même capables d’entraîner l’apoptose (le suicide cellulaire) des neurones

L'apoptose des cellules (suicide cellulaire) a été observé sur d'autres types de cellules pour différents types de nanoparticules (dont les nanotubes de carbone, quantum dots, fullerènes, nanoparticules d’or ou de TiO2 )6.

En outre, l’agrégation de nanoparticules au sein d’une cellule provoque en elle-même des mécanismes toxiques.

- Effet des nanomatériaux sur l'ADN (génotoxicité) :

Les nanomatériaux peuvent entraîner des perturbations au niveau de l'ADN (pour rappel, l'ADN humain a une largeur de 2 nm)...
Jusqu'à présent, peu d'études ont examiné la génotoxicité de nanoparticules, un phénomène qui ne détruit pas nécessairement les cellules, mais qui peut conduire à :
  • des mutations cancéreuses si le dommage n'est pas (ou mal) réparé (les dommages à l'ADN et les mutations sont la première étape vers le cancer : deux ou trois mutations peuvent suffire à déclencher le processus)
  • des problèmes sur le système reproductif et le développement fœtal
Mais les premières études menées ont montré que certaines nanoparticules peuvent endommager directement l'ADN7 : des dommages ont été constatés in vitro (nanotubes de carbone, nanoparticules d'oxyde de zinc) et in vivo (nanotubes de carbone, nanoparticules de dioxyde de titane).
En 2014, des chercheurs du MIT et de la Harvard School of Public Health (HSPH) ont mis au point un outil permettant de comparer la génotoxicité de différentes nanoparticules. Ils ont observé notamment la génotoxicité de nanoparticules d'oxyde de zinc (ZnO - utilisé dans les écrans solaires), d'argent, d'oxyde de fer, d'oxyde de cérium et de dioxyde de silicium8.

La génotoxicité peut être le résultat :
  • de la production de radicaux libres (stress oxydant), la plus fréquemment mise en évidence, y compris à distance de la particule
  • de la libération d'ions à partir des nanoparticules
  • de perturbations des fonctions de contrôle du cycle cellulaire (perturbation de la division cellulaire et désorganisation du trafic cellulaire)
  • de l'interaction des nanomatériaux avec l'ADN ou l'appareil mitotique (lésions ou mutations de l'ADN, perturbation de la ségrégation des chromosomes pendant la mitose - potentiel aneugène)

Beaucoup de questions restent encore très peu explorées et méritent d'être mieux étudiées. Outre les effets cités plus haut, on manque encore cruellement de données sur les points suivants :

- Effet des nanomatériaux sur le système immunitaire ?

Des nanomatériaux peuvent entraîner des effets adjuvants (pouvant induire des réactions d’hypersensibilité ou d’allergie) - dans le cas de nanoparticules utilisées à cette fin dans les vaccins notamment.
Par ailleurs, de nombreuses interactions avec le système immunitaire ont été mises en évidence9 : réactions inflammatoires très fortes, immunostimulation, immunosuppression (par exemple des nanotubes de carbone par blocage des lymphocytes B) ou encore réactions auto-immunes.
Les cellules de l’immunité ne parviennent pas nécessairement à éliminer les nanomatériaux et peuvent elles-mêmes s’en trouver dégradées voire éliminées (ex : apoptose des macrophages).

En outre, la sensibilité aux nanoparticules semble plus forte pour les organismes dont le système immunitaire est défaillant : des nanoparticules de TiO2 ou d’or utilisées à des doses faibles, n’induisant pas d’inflammation chez l’animal sain, augmentent l’hyperréactivité bronchique, provoquent des dommages épithéliaux et une inflammation dans un modèle d’asthme professionnel induit chez la souris. Des observations similaires ont été faites chez des animaux exposés à des nanoparticules de noir de carbone et présensibilisés à un allergène10.

NB : La recherche biomédicale cherche à synthétiser des nanoparticules "furtives", c'est-à-dire non reconnues par l’organisme afin d’éviter une réaction immunitaire, ce qui n'est pas le cas des nanomatériaux utilisés pour des applications industrielles. A cette fin, les chercheurs les enrobent d’un polymère, souvent le poly-éthylène-glycol (PEG). Or, même dans le cas où elles sont synthétisées de cette façon, le problème se pose à long terme de la stabilité de l’enrobage, car ce dernier peut se modifier et s’altérer avec le temps. De plus, une étude a montré la possibilité de production d’anticorps anti-PEG avec un risque de réponse inflammatoire ou anaphylactique11 .

- Effet des nanomatériaux sur les capacités reproductrices et le développement embryonnaire (reprotoxicité)

Les dommages à l’ADN mentionnés plus haut peuvent introduire des mutations, pouvant également contribuer à perturber la reproduction et le développement des générations suivantes.
La petite taille et la grande mobilité des nanoparticules permet leur passage dans les organes reproducteurs et à travers la barrière placentaire.
Un certain nombre d'études expérimentales ont montré, chez l'animal, des pertubations du développement embryonnaire12.
Les études concernant le système reproducteur font également état d'une toxicité des nanoparticules pour le système reproducteur mâle (perturbation de la production de testostérone, diminution de la prolifération des spermatogonies, diminution de la mobilité et de la vitalité des spermatozoïdes) et féminin conduisant à une diminution de la fertilité13.
Des nanomatériaux peuvent être considérés comme des perturbateurs endocriniens14.
Sur la base des rares études disponibles, les chercheurs appellent à la réalisation d'études supplémentaires afin de mieux évaluer l'effet des nanoparticules inhalées en termes d'inflammations chez la mère et sur la santé du foetus et de l'embryon et les implications sur la santé de la descendance après la naissance15.

- Effet des nanomatériaux sur le cerveau et l'ensemble du système nerveux ?

Encore peu d'études in vivo de toxicité pour le système nerveux sont disponibles, mais les rares études existantes suggèrent que l'exposition in utero et postnatale aux nanomatériaux est possible, avec des changements dans la plasticité synaptique, l'expression des gènes et le neurocomportement16.
Selon une revue plus récente de la littérature17, outre les effets sur les cellules neuronales déjà citées plus haut :
  • des perturbations de l’activité électrique des neurones de souris ont aussi été relevées, avec parfois l'inhibition de réseaux entiers, ce qui laisse présager des perturbations des fonctions de traitement et de transfert de l’information normalement assurées par les neurones
  • les nanoparticules sont également susceptibles de perturber la synthèse de neurotransmetteurs (les molécules qui assurent la communication entre neurones), notamment la dopamine et la sérotonine, qui jouent un rôle clé dans la régulation du sommeil et de l’humeur
  • une baisse des capacités locomotrices a été observée chez la souris
  • enfin, plusieurs expériences en tube à essai ont montré que les nanoparticules peuvent accélérer l’agrégation de certaines protéines formant des fibres dans les neurones ou autour, en particulier les bêta-amyloïdes et alpha-synucléines, qui s’agrègent respectivement dans les maladies d’Alzheimer et de Parkinson ; les nanoparticules pourraient alors entraîner ou accélérer ces maladies ainsi que d’autres pathologies neurodégénératives.

Voir aussi la thèse (en anglais) de Clémence Disdier consacrée à l'Evaluation des effets de l'exposition aux nanoparticules de TiO2 sur le cerveau adulte et vulnérable, Université Paris-Saclay, avril 2016.

- Effet des nanomatériaux sur la flore intestinale ?

Des nanoparticules (argent, zinc, magnésium, titane, …) sont très utilisées industriellement pour leurs propriétés bactéricides, avec des conséquences inquiétantes sur la flore intestinale.
Une perturbation de la flore intestinale a également été mise en évidence par plusieurs études récentes18.

Quel rôle de vecteur d'autres toxiques ?

Outre les effets toxiques qu'ils peuvent directement entraîner au sein des espèces bactériennes et des cellules dans lesquelles ils peuvent pénétrer, les nanomatériaux peuvent y apporter des molécules extérieures. C'est l'effet "cheval de Troie" ; on redoute donc notamment qu'ils favorisent le transport de polluants - métaux lourds ou pesticides par exemple19, ce qui pose question à l’heure où nous sommes exposés de façon chronique à différents polluants à faibles doses.

Quels mécanismes expliquent la toxicité des nanomatériaux ?

Différents mécanismes expliquent la toxicité des nanomatériaux mais ils ne sont pas tous encore bien compris.

  • - Libérations d'ions :
    Les métaux lourds présentent souvent une toxicité lorsqu’ils sont sous formes d’ions (solubles et biodisponibles). Or, outre leur toxicité propre, les nanoparticules constituent également de potentiels réservoirs d’ions pouvant les diffuser par exemple au contact de l’eau ou en fonction des interactions avec l’environnement et générer une toxicité à distance. C'est le cas en particulier des nanoparticules d'argent, qui libèrent des ions d'argent très toxiques pour les bactéries (sans que cette libération soit le seul facteur de toxicité du nanoargent)20.

  • - Induction d'un stress oxydant :
    L'induction d'un stress oxydant est considérée comme un mécanisme majeur dans la toxicité des nanoparticules. Certains types de nanomatériaux (en particulier les oxydes métalliques) peuvent produire des espèces réactives de l'oxygène (ERO ou radicaux libres), des molécules très réactives qui oxydent et dégradent d’autres molécules à leur surface ou induire leur production par des cellules21 ; ces ERO entraînent un stress oxydant, mécanisme indirect de la carcérogénèse. De nombreuses maladies sont associées au stress oxydant observé lorsque la production de radicaux libres dépasse la capacité de l’organisme à les combattre.

  • - Interactions des nanomatériaux avec des protéines :
    Lorsqu'elles pénètrent dans un environnement cellulaire, les nanoparticules sont rapidement recouvertes d'une couronne de biomolécules (des protéines, qui forment la "corona") ; la nature des molécules présentes dans la corona est susceptible de modifier le devenir et la persistance de la nanoparticule dans l’organisme ainsi que sa toxicité. L'albumine a par exemple un effet stabilisant sur les nanoparticules tandis que le fibrinogène peut provoquer leur agrégation22. Le système immunitaire réagit différemment selon le type de nanoparticules et de protéines composant leur couronne.

Vers un accroissement des résistances à certains traitements ?

Des nanomatériaux sont utilisés pour leurs propriétés bactéricides, fongicides (toxiques pour les champignons), antivirales23 voire antirétrovirales (VIH et hépatites B pour les nanoparticules d’argent24). Or, leur utilisation massive dans l’industrie soulève des inquiétudes quant aux résistances potentiellement développées par les agents pathogènes25.

Devant tant de signaux d'alerte, des acteurs réclament l'application du principe de précaution

C'est en raison de tous ces risques "à effets différés" et de toutes ces incertitudes que l’ANSES a pris position en faveur du classement des nanomatériaux comme substances dangereuses, afin d’interdire certains nanomatériaux dans des produits grand public, rejoignant les préconisations d'autres acteurs de la société civile.

Mener des études supplémentaires ? Lesquelles et à quel prix ? Financées par le contribuable et/ou les industriels ?

Un consensus se dégage clairement dans la communauté scientifique et au-delà sur la nécessité de développer les efforts de recherche au vu des divers effets nocifs déjà identifiés, même en assez faible quantité. De nombreux acteurs ont appelé à la réalisation d'études supplémentaires afin de combler les incertitudes restantes sur les risques sanitaires nanomatériaux. Pour autant, est-ce réalisable dans des délais raisonnables sachant que de nouveaux nanomatériaux toujours plus complexes sont produits et commercialisés chaque jour ? Se pose en outre la question de la prise en charge par les industriels eux-mêmes du coût de ces recherches.
Les méthodes scientifiques pour approfondir les connaissances sur la toxicité des nanoparticules sont l'objet de débats également. Certains chercheurs recommandent de recourir à des modèles animaux reproduisant des scénarios d’exposition chronique prolongée, pour lesquels les données manquent tant sont nombreux les points qui restent à confirmer et à préciser et qui ne peuvent être totalement éclaircis par des études in vitro26. Avec en arrière-plan l'épineuse question des considérations éthiques sur l'expérimentation animale...

(In)former les médecins et les soignants

La médecine moderne s’est développée en valorisant auprès des médecins la dimension thérapeutique de leurs outils de travail, sans suffisamment les encourager à s'interroger sur leurs éventuels effets toxiques en dehors des effets secondaires présentés par les industriels.
Par ailleurs, notre environnement a considérablement changé depuis un siècle avec une accélération technologique de plus en plus forte et la mise sur le marché de produits contenant des substances chimiques dont la multiplication et la diffusion à grande échélle génère, pour certaines, des effets largement indésirables ; si quelques formations de santé-environnementale ont vu le jour ces dernières années, elles restent rares et optionnelles pour les médecins et pharmaciens.
Sur le terrain, de nombreuses maladies dont on ne comprend pas les causes ("idiopathiques") sont donc très probablement en lien avec des expositions chroniques à ces polluants environnementaux.
Ainsi, constatant que des nanoparticules peuvent provoquer une inflammation (directe ou à distance) sur les cellules ou tissus et dans la mesure où elles sont susceptibles de suivre tout type de trajets (nerveux, sanguins et lymphatiques), des altérations neurologiques non expliquées pourraient par exemple être dues à des nanoparticules.
Les nanoparticules ayant la taille de virus et étant repérées comme des éléments du "non-soi" par le corps, celui-ci met en place des procédés de défense identiques à ceux des maladies infectieuses, pouvant porter gravement à confusion.
Enfin, les différents impacts des nanoparticules sur le système immunitaire et les cellules sanguines pourraient également être à l’origine de nombreux problèmes de santé inexpliqués.
Au-delà du fait que ce type de risque n’est pas pris en compte par les soignants aujourd'hui, la grande difficulté réside ensuite, même en cas de doute, à mettre en évidence... :
  • d'une part la présence de nanoparticules du fait de leur taille et de leurs possibles migrations
  • et d'autre part le lien de cause à effet avec la (ou les) pathologie(s) constatées : les tumeurs cancéreuses par exemple ne livrent pas d'indication sur ce qui les a déclenchées, et nous sommes exposés à une grande quantité de substances chimiques, avec des interactions difficilement identifiables et maîtrisables (on parle alors d'"effet cocktail" 27).

En savoir plus

- Sur notre site :


- Ailleurs sur le web :

En anglais :
- à venir : congrès international de la Society of Toxicology (SOT) 2016, Nouvelle Orléans, USA, 2016
- Nanomaterials and their nanomaterials for human health and environment, Pollution Probe, 27-28 janvier 2016
- How safe are nanomaterials?, Valsami-Jones E & Lynch I, Science, 350 (6259): 388-389, 23 octobre 2015
- Srivastava V et al., A critical review on the toxicity of some widely used engineered nanoparticles, Ind. Eng. Chem. Res., 2015
- CIEL, ECOS et Öko Institut, Toxicity Risks of Engineered Nanomaterials, janvier 2015
- 7e édition du congrès international nanoTOX 2014 : http://www.nanotox2014.org

NOTES et REFERENCES

1 - Un dispositif de surveillance épidémiologique des travailleurs potentiellement exposés aux nanomatériaux vient cependant d'être mis en place en France, mais ses résultats ne seront pas connus ni exploitables avant de nombreuses années. Voir notre fiche sur le programme EpiNano

2 - Voir notamment :

3 - Afssaps (devenue ANSM), Évaluation biologique des dispositifs médicaux contenant des nanomatériaux, Rapport scientifique, février 2011, p 45 : "Les organes les plus souvent touchés appartiennent au système réticulo-endothélial, incluant le foie et la rate, en accord avec l’observation fréquente de la capture des nanomatériaux par ce système. Le rein est un autre organe habituellement touché, puisqu’il a été identifié dans certaines études de toxico-cinétique comme la voie d’élimination primaire pour de nombreux nanomatériaux dont les nanotubes de carbone et les fullerènes" (se référer au document pour les références bibliographiques détaillées)

4 - Susceptibility of Young and Adult Rats to the Oral Toxicity of Titanium Dioxide Nanoparticles, Small, 9(9/10), 2013

5 - Cf. Bencsik A, Le cerveau est-il à l’abri d’un impact d’une exposition à des nanomatériaux ?, Biologie Aujourd’hui, 208 (2), 159-165, septembre 2014

6 - Voir notamment :

7 - Voir notamment :

8 - Cf. :

9 - Cf.

10 - Cf. Baeza-Squiban A, Impacts physiopathologiques des nanoparticules inhalées, Biologie Aujourd’hui, 208 (2), 151-158, septembre 2014

11 - Cf. Ishida T et al., PEGylated liposomes elicit an anti-PEG IgM response in a T cell-independent manner, Journal of Controlled Release, 122 (3), 349-355, 2007

12 - Voir par exemple :

13 - cf.

14 - Cf.
- Silver nanoparticles disrupt regulation of steroidogenesis in fish ovarian cells, Degger N et al., Aquat Toxicol., 4;169:143-151, novembre 2015 : cette étude montre que des nanoparticules d'argent (nAg) peuvent affecter les gènes spécifiques qui régissent la stéroïdogenèse, conférant aux nAg un potentiel de perturbation endocrinienne (cité par la lettre RES-Actus n°15, novembre 2015).
- Engineered Nanomaterials: An Emerging Class of Novel Endocrine Disruptors, Larson JK, Carvan MJ, Hutz RJ, Biology of Reproduction, 91(1):20, 2014

15 - Cf. notamment :

16 - Cf. Developmental neurotoxicity of engineered nanomaterials: identifying research needs to support human health risk assessment, Powers CM, et al, Toxicological Sciences, 134(2), 225-242, 2013, cité par Evaluation des risques liés aux nanomatériaux - Enjeux et mise à jour des connaissances, ANSES, avril 2014

17 - Cf. Bencsik A, Le cerveau est-il à l’abri d’un impact d’une exposition à des nanomatériaux ?, Biologie Aujourd’hui, 208 (2), 159-165, septembre 2014

18 - cf.

19 - Voir par exemple :

20- Voir notamment :

21 - SIGNANOTOX : recherche de signatures toxicologiques de l’exposition, in vitro, à des nanoparticules, ANR, Colloque bilan et perspectives du Programme Santé Environnement - Santé Travail 2012

22 - Cf. Kolosnjaj-Tabi J et al, Cycle de vie de nanoparticules magnétiques dans l’organisme, Biologie Aujourd’hui, 208 (2), 177-190, septembre 2014
Voir aussi les références citées par Baeza-Squiban A, Impacts physiopathologiques des nanoparticules inhalées, Biologie Aujourd’hui, 208 (2), 151-158, septembre 2014
Et également :

23 - Voir par exemple Combattre les virus respiratoires grâce à l’infiniment petit, Le temps, février 2016

24 - Nanosilver particles in medical applications: synthesis, performance, and toxicity, Ge L et al, Int J Nanomedicine, 9: 2399–2407, 2014

25 - Cf. notamment :

26 - Cf. notamment :

27 - Les toxicologues travaillent en isolant des substances ce qui ne permet pas d'établir les effets d’interaction d’une pluralité de substances pénétrant dans l’organisme. Pour plus d'information sur l'effet cocktail, voir le rapport State of the Art Report on Mixture Toxicity, 2009, par Andreas Kortenkamp, Thomas Backhaus, et Michael Faust, commandité par la DG Environnement de la Commission européenne. Et les deux journées d'échanges sur l'Exposition aux mélanges de substances chimiques : Quels défis pour la recherche et l’évaluation des risques, ANSES, décembre 2013

Fiche initialement mise en ligne en juillet 2015
Il n'y a pas de commentaire sur cette page. [Afficher commentaires/formulaire]