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LettreVN017-20170511-une_small


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Les précédents n° de la lettre VeilleNanos

Un total de 6 pages ont été trouvées avec le mot clé Les Amis de la Terre.
201605-FoE-USA-Nano-BabyFormula
Lien vers: http://webiva-downton.s3.amazonaws.com/877/60/5/8077/FOE_NanoBabyFormulaReport_11.pdf

Nanoparticules dans les laits pour bébés vendus aux USA - et ailleurs ?

Par MD - Brève mise en ligne le 17 mai 2016 (dernier ajout le 16 juin 2016)

Cette brève a vocation à être complétée et mise à jour avec l'aide des adhérents et veilleurs de l'Avicenn. Vous pouvez vous aussi contribuer à l'améliorer en nous envoyant vos remarques à l'adresse redaction(at)veillenanos.fr.

Les Amis de la Terre USA viennent de publier un rapport attestant de la présence de nanoparticules dans les six laits en poudre pour bébés qu'ils ont fait tester aux Etats-Unis1.

Entre autres mesures, l'ONG américaine demande :
  • aux pouvoirs publics :
    • de mettre en place un moratoire sur la commercialisation de produits contenant des nanoparticules de synthèse,
    • de protéger les travailleurs
    • de garantir la transparence de l'évaluation sanitaire et l'étiquetage des produits
  • aux industriels :
    • de rappeler les laits maternisés incriminés
    • de retirer les nanoparticules de la composition de leurs produits
    • de développer des lignes directrices concernant les nanos
    • de garantir la transparence tout au long de la chaîne d'approvisionnement

Qu'en est-il des laits infantiles vendus sur le marché français et européen ? Comme pour les autres produits alimentaires, nous peinons à obtenir des informations fiables faute d'étiquetage, de contrôle, de transparence et de mesures d'encadrement appropriés.

Nous espérons obtenir des avancées dans le cadre du groupe de travail "étiquetage et restriction des nanomatériaux" auquel nous participons et dont la suite des travaux a été actée jeudi 19 mai.

D'ici là, nous vous invitons à écouter l'émission Equateur que RCF a consacrée le 17 mai aux nanomatériaux et aux risques pour la santé et l'environnement :

20160517-RCF-small
Lien vers: https://rcf.fr/vie-quotidienne/nanomateriaux-et-risques-pour-la-sante-et-l-environnement

Et à (re)voir l'émission de consommation suisse "A Bon Entendeur" diffusée le 3 mai sur la RTS, qui montre la difficulté à obtenir des informations sur les nanos dans nos assiettes :

20160503-RTS-ABE-small
Lien vers: http://www.rts.ch/emissions/abe/7595985-nanoparticules-dans-nos-assiettes-le-grand-secret.html

Nous complèterons notre dossier Nano et Alimentation avec les données de ces rapports, articles et émissions.

Merci d'avance pour vos commentaires et compléments d'information !

En savoir plus



NOTES et REFERENCES

1 - Nanoparticules in baby formula : Tiny new ingredients are a big concern, les Amis de la Terre USA

Article initialement mis en ligne le 17 mai 2016

ALLEMAGNE : Controverse sur l'étude par BASF des effets de nanomatériaux sur la santé

par MD, DL et l'équipe Avicenn - 29 mai 2012 màj 04/08/2014
L'annonce récente d'un partenariat entre le gouvernement allemand et BASF pour une étude des effets de nanoparticules sur les poumons a suscité une polémique sur l'objectivité des futurs résultats. L'Avicenn a voulu en savoir plus...

Sommaire

Point de départ de la controverse : l'annonce d'un partenariat entre le gouvernement allemand et BASF pour une étude des effets de nanoparticules sur les poumons

Le ministère de l'environnement allemand a récemment annoncé1 le lancement d’une étude sur les effets des nanoparticules sur la santé en partenariat avec l’Institut fédéral pour la sécurité et la santé au travail (BAuA) et BASF, l'un des leaders mondiaux de l'industrie chimique.
Un projet d'envergure, par sa durée - les études s'étaleront sur quatre ans - et son objet : les effets possibles à long terme sur les poumons d'une exposition à de faibles doses de nanoparticules. En fonction des résultats, des seuils maximaux d'exposition pourraient être définis afin de protéger les travailleurs.

Polémique sur l'objectivité des futurs résultats

Alors que le Ministre fédéral de l’environnement, Norbert Röttgen, se félicite de ce partenariat public-privé, soutenant que cette coopération entre organismes publics et industriel est inédite et exemplaire, d'autres remettent en cause, à l'avance, l’impartialité et l'objectivité des résultats. En cause : le fait d'avoir confié à BASF, à la fois juge et partie, la mise en oeuvre de cette étude. Car l'entreprise allemande est en effet l'un des principaux producteurs de nanomatériaux.
Certains voient en effet dans ce partenariat une source potentielle de conflit d'intérêt : "Comme si on avait demandé à Philip Morris d'évaluer la toxicité de ses cigarettes..." commentait ainsi le 16 mai "Napakatbra" sur le site Les mots ont un sens. Et Agnès Rousseaux de Bastamag de renchérir le 21 mai : "Pourrait-on confier une étude sur les méfaits du Mediator aux laboratoires Servier ? Ou une étude sur le risque nucléaire à Areva, ou sur les cancers de l’amiante au secteur du BTP ?"2.

L'Avicenn a voulu en savoir plus

En 2010, Novethic avait souligné le rôle pionnier joué par BASF en matière de recherche, prévention et communication sur les risques associés aux nanotechnologies3. Aussi avons-nous souhaité en savoir plus.
L'examen du site internet de l'entreprise confirme l'implication précoce et active de BASF dans le domaine de la recherche en toxicité sur les nanotechnologies ; l'entreprise y met d'ailleurs en avant le fait qu'elle est l'une des rares à réaliser elle-même des recherches sur les risques des nanomatériaux dans son propre service de toxicologie et écologie4, dont elle publie effectivement les résultats sur son site internet5. Parmi ces études, certaines établissent la toxicité de certains nanomatériaux6 ; l'entreprise n'a donc pas caché des résultats confirmant les craintes relatives aux risques associés aux nanomatériaux. Pour autant, comment s'assurer que les quelques études en question ne sont pas l'arbre qui cache la forêt, autrement dit une façon pour l'entreprise de montrer patte blanche : "voyez, nous sommes honnêtes, vous pouvez nous faire confiance"... Novethic considérait en 2010 que les entreprises leaders dans le domaine de la chimie "ont une communication transparente parce qu’elles s’adressent à leurs clients potentiels et qu’elles souhaitent les convaincre. Elles sont, de plus, surveillées de près par les agences de sécurité sanitaire et environnementale et les ONG environnementales".
Nous avons sollicité les Amis de la Terre Allemagne qui ont pu dialoguer directement avec BASF et nous transmettre des renseignements permettant d'éclairer la controverse.

  • Un encadrement strict du projet ?

BASF met en avant l'encadrement strict prévu pour le projet : selon l'entreprise, il a été conçu de façon à assurer une indépendance et une crédibilité maximales. Sa direction et sa coordination seront assurées par le ministère, l'évaluation des résultats par le BAuA, l’Agence fédérale de l’environnement et l’Institut fédéral pour l’évaluation des risques ; et un groupe consultatif externe de scientifiques internationaux accompagnera les recherches scientifiques (il sera composé de scientifiques de l'université de Rochester, de l'université de Duisburg-Essen, de l'Institut Fraunhofer pour la toxicologie et la médecine expérimentale, et de l'Institut néerlandais de santé et d'hygiène).
Pour autant, l'histoire et l'actualité témoignent malheureusement de ce que le nombre et le prestige des experts impliqués ne sont pas des remparts infranchissables contre les conflits d'intérêt.

  • Pas d'intérêt commercial en jeu ?

Qu'à cela ne tienne. BASF a un autre argument de taille : le choix s'est porté sur des nanoparticules fréquemment utilisées à l'échelle industrielle mais ne faisant pas partie des nanomatériaux fabriqués par BASF, qui revendique donc le fait de ne pas avoir d'intérêt commercial en jeu : des nanoparticules de sulfate de baryum (qui servent notamment à la stabilisation des matières plastiques) et des nanoparticules d'oxyde de cérium (utilisées comme catalyseur de carburant ou dans la dépollution des moteurs diesel).
Ceci dit, un additif à base de nano-oxydes de cérium serait commercialisé par la firme Rhodia sous le nom de Cérine Eolys®7. Les esprits méfiants auront tôt fait de dénoncer l'existence d'un trust - "pourquoi pas une entente officieuse entre géants de la chimie pour minimiser les effets toxiques des nanos ?" - ou à l'inverse, de soupçonner le géant allemand de vouloir torpiller les activités de son concurrent français ?

  • Qui paie le bal mène la danse ?

Enfin, le communiqué de presse conjoint à BASF et au gouvernement allemand fait état d'un budget global de cinq millions d’euros, sans que soit précisée la répartition entre financements publics et financements privés.
Selon l'entreprise BASF, cette dernière apporterait 3,5 millions d'euros et l'Institut fédéral pour la sécurité et la santé au travail (BAuA) 1 million. Ce que l'entreprise considère comme un gage de sa volonté de participer à l'effort national de recherche sur les risques des nanomatériaux peut ici être retourné contre elle : selon l'adage "qui paie le bal mène la danse", il pourrait lui être reproché de vouloir ainsi influencer les résultats. Ce à quoi BASF rétorque qu'il lui est quasi impossible d'échapper à ce procès d'intention ; l'entreprise se retrouverait face au "dilemme" suivant :
  • si elle ne faisait pas de recherche sur les risques, il lui serait alors reproché d'agir de manière irresponsable, l'Etat devrait alors prendre en charge cette recherche et le contribuable serait en droit de contester le financement sur fonds publics de recherches sur la toxicité de produits commercialisés et permettant à des entreprises privés d'engranger des bénéfices8 ;
  • a contrario, si elle paye des chercheurs "indépendants" pour faire de la recherche sur les risques à sa place, l'indépendance de ces chercheurs est mise en cause.
C'est ainsi que BASF justifie le montage de ce partenariat pensé selon elle pour sortir de cette impasse. Elle déplore les soupçons qui pèsent sur l'honnêteté de sa démarche et souhaiterait que l'on croie en sa bonne foi : "il n'est pas dans l’intérêt de BASF d'investir de façon aussi massive dans la recherche sur les risques, si les différents participants remettent en question la fiabilité des résultats".

  • Et en France ?
En France, des partenariats public / privé existent également. Citons notamment le laboratoire NAUTILE (NAnotUbes et écoToxIcoLogiE), premier laboratoire de recherche pour l’étude de l’écotoxicité des nanotubes de carbone en milieu aquatique. Créé en 2010, il relève du programme Genesis soutenu par l'OSEO de 2008 à 2013 ; l'ANSES a en charge le suivi des données fournies par Arkema concernant la toxicologie, la métrologie et le cycle de vie des produits.
A la date de publication de cet article, l'avancée et l'appréciation de l'indépendance des expertises réalisées dans le cadre de ces partenariats public / privé restent à éclairer. Mais un certain nombre d'interrogations, réactions et suggestions plus générales nous parviennent via notre réseau de veilleurs français.
En France, l'ANSES produit des expertises dont l'indépendance est garantie notamment par les déclarations d'intérêt des chercheurs et un financement exclusivement public. L'INRS est lui financé par le FNPAT (Fonds National de Prévention des Accidents du Travail et des Maladies Professionnelles, alimenté par une taxe sur les entreprises) avec une gestion paritaire contrôlée par l'assurance maladie et le ministère du travail, donc, a priori aussi indépendante que possible des lobbies industriels. Ces deux organismes réalisent en effet des travaux relatifs aux nanos que nous relayons régulièrement sur notre site Wikinanos.fr.
Mais dans un cas comme dans l'autre, la responsabilisation des entreprises commercialisant des produits contenant des nanomatériaux n'est pas assurée, puisque la taxe qui alimente le FNAPT est payée par l'ensemble des entreprises - qu'elles aient ou non une activité touchant aux nanomatériaux.

Pour un certain nombre d'acteurs, une taxe payée spécifiquement par les entreprises commercialisant des produits contenant des nanomatériaux et finançant notamment la réalisation d'études de risques par des chercheurs indépendants serait une solution plus propice à répondre aux besoins de vigilance, de transparence, de confiance et d'indépendance de l'expertise. En avril 2012, douze ONG européennes - dont le Réseau Environnement Santé pour la France - ont demandé la mise en place d'un mécanisme d’auto-financement de la gestion des nanomatériaux, conforme au principe pollueur-payeur, pour soulager les contribuables et inciter les industriels à concevoir et adopter des solutions de substitution"9.
Bien que contraire à la règle de la non affectation voulue par notre principe d'universalité budgétaire, un tel mécanisme a été mis en place pour les produits phytosanitaires à travers la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP). Lors de la campagne présidentielle, le candidat François Hollande avait déclaré que "l’alerte citoyenne (associations, ONG…) doit déclencher des études approfondies opérées par des expertises contradictoires et non suspectes d’instrumentalisation par des groupes de pression"10. La piste d'une TGA-nano (taxe générale sur les activités nano) sera-t-elle examinée par le gouvernement du nouveau président ?


NOTES
1 - Long-term research project on safety of nanomaterials launched, communiqué de presse conjoint de BASF et du Ministère fédéral de l’environnement (BMU), 15 mai 2012
2 - Nanotechnologies : l’évaluation des risques confiée aux... multinationales, Agnès Rousseaux, Bastamag, 21 mai 2012
3 - BASF est ainsi l'une des trois entreprises repérées par Novethic en 2010 pour avoir développé une communication transparente sur les nanotechnologies de façon relativement précoce : "l’information fournie sur l’usage, la production de nanotechnologies et les risques associés est très complète" (in Nanotechnologies - Risques, opportunités ou tabou : quelle communication pour les entreprises européennes ?, septembre 2010). Les deux autres entreprises sont l'allemand Bayer et le français Arkema.
4 - More knowledge - more safety, BASF
5 - http://www.basf.com/group/corporate/nanotechnology/en/microsites/nanotechnology/safety/safety-research, BASF
6 - Voir notamment Short-term inhalation tests of 8 nanomaterials ; Pulmonary toxicity of a multi-wall carbon nanotube in rats after 5- or 90-day inhalation exposure ou Nano-particles - A short-term inhalation test with TiO2 in rats linked to in vitro systems
7 - Source : http://science-citoyen.u-strasbg.fr/dossiers/Nano/DGNanotechnologies/Nanomateriaux/NM_divers_nanomateriau/nano_oxydes_cerium.html
8 - Ce questionnement a été formulé par Christian Gollier, Président de la Toulouse School of Economics, comme une "privatisation des bénéfices" et "socialisation des coûts", lors du Colloque "Comment débattre des nouvelles technologies ?" organisé le 8 novembre 2011 par le Centre d'Analyse Stratégique.
9 - Voir la lettre qu'elles ont envoyée aux ministres de l'environnement ou premiers ministres des Etats européens : "Le concept visé est un mécanisme d'auto-financement, sans frais pour le gouvernement, qui rend opérationnel le principe pollueur-payeur en internalisant les coûts externes de la gestion des SVHC (NDRL : substances extrêmement préoccupantes, au titre desquelles figurent les nanomatériaux et les perturbateurs endocriniens), incite les industriels à concevoir et adopter des solutions de substitution tout en fournissant les ressources nécessaires à leur accompagnement, et soulage les finances publiques des charges administratives générées par les SVHC. Le résultat serait un gain financier important pour le gouvernement, par le transfert des coûts de gestion d’une part, mais également par les économies massives attendues de la réduction des coûts de santé publique et de management environnemental. Les fabricants de SVHC seraient soumis à une redevance minimale, qui augmenterait au fil du temps, afin de fournir des incitations et des ressources pour la recherche, le développement et la mise en œuvre de substances ou de technologies de remplacement non ou moins dangereuses. Le produit de la taxe serait versé à un fonds "solutions SVHC", administré par un organisme gouvernemental"
10 - François Hollande : Régulation des technologies et organisation de l’expertise, Votons pour la Science, 2012

INTERNATIONAL : Tromperie sur la marchandise ? Des nanoparticules identifiées dans des crèmes solaires prétendument "sans nano"

Par MD et DL – 24 juillet 2012
Des crèmes solaires vendues avec la mention "sans nano" contiennent en fait de l'oxyde de zinc sous forme nanoparticulaire. Les entreprises cosmétiques qui les vendent auraient été dupées par leur fournisseur, le fabricant Antaria Ltd, révèlent les Amis de la Terre Australie qui ont entamé une procédure pour communication mensongère dans leur pays. L'ingrédient incriminé, ZinClear IM, est-il présent dans des crèmes solaires vendues en France et, si oui, lesquelles ? Est-il effectivement certifié bio par Ecocert ? C'est ce qu'il reste à éclaircir.

Sommaire
- Des crèmes solaires "sans nano"... avec nano?
- Plainte pour communication mensongère
- Des nanoparticules détectées par un institut indépendant selon des méthodes scientifiques
- Inquiétudes sanitaires et "crise de confiance"
- Quid en France ?

Des crèmes solaires "sans nano"... avec nano

Selon les Amis de la Terre Australie, des crèmes solaires vendues avec la mention "sans nano" par les plus grandes marques australiennes et peut-être également en France contiennent en fait des nanoparticules. Ce serait le cas, en Australie, de Cancer Council Classic, Invisible Zinc Junior and Body et Woolworths Clear Zinc.
Parmi les ingrédients utilisés dans la composition de ces crèmes figure le ZinClear IM, fabriqué par la compagnie australienne Antaria Ltd et distribué en France par COMERCIAL QUIMICA MASSO qui assure sur son site internet que ce produit est sans nanoparticule et certifié bio par Ecocert. La compagnie Mukti viendrait d'ordonner le rappel de ses produits contenant du ZinClear IM suite à cette révélation.

Plainte pour communication mensongère

Les Amis de la Terre Australie ont déposé une plainte auprès de l’ACCC, équivalent australien de notre Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) ; ils reprochent à la compagnie australienne d’avoir menti à ses clients et sur le marché australien des valeurs boursières : Antaria aurait en effet à plusieurs occasions présenté l’ingrédient ZinClear IM comme n’étant "pas un nanomatériau" ou "de taille micrométrique (pas nano)", alors que des documents de l'entreprise témoignent qu'elle avait en fait pleine connaissance du caractère nano de cet ingrédient.
Si les faits sont avérés, il s'agirait là pour le moins d'un double langage bien éloigné des pratiques de transparence requises par la responsabilité sociale des entreprises (RSE).
Plusieurs organisations soutiennent la procédure enclenchée par les Amis de la Terre Australie, notamment le Conseil australien des syndicats (ACTU), l’Association de santé publique d’Australie (PHAA), le syndicat australien de l’éducation (AEU) et le syndicat des services publics (CPSU).

Des nanoparticules détectées par un institut indépendant selon des méthodes scientifiques

En février 2012, l’Institut national de métrologie australien (NMI), équivalent du Laboratoire national de métrologie et d'essais français (le LNE), avait présenté les résultats d’une étude montrant que des crèmes solaires en vente contenait des nanoparticules "libres" et des agrégats / agglomérats de nanoparticules (voir le document 888 téléchargeable ici).
A la demande des Amis de la Terre, l’institut de métrologie a ensuite examiné le brevet US 2010/0310871 A1 et les informations concernant la poudre mésoporeuse d’oxyde de zinc ZinClear IM ; sur la base des ces documents et de l'étude qu'il avait préalablement menée, il a confirmé qu’il s’agissait bien d’un nanomatériau au sens de l’ISO (International Organisation for Standardisation (ISO), instance de normalisation internationale qui réunit des experts issus des industries et de la recherche publique sur les nanotechnologies au sein du Comité technique 229 - ISO TC 229).

Inquiétudes sanitaires et "crise de confiance"

Les Amis de la Terre déplorent le fait que peu de recherches aient été menées sur les risques sanitaires associés aux nano-ingrédients dans les crèmes solaires, un sujet d’inquiétude croissant pourtant parmi les scientifiques et les dermatologues, qui en redoutent leur caractère potentiellement cancérigène et les conséquences en cas d’applications répétées ou chez les jeunes enfants.

Selon le Dr Gregory Crocetti des Amis de la Terre, les consommateurs sont inquiets par rapport aux risques posés par la présence dans les crèmes solaires de nano-ingrédients dont l’innocuité n’a pas été établie. D’où le choix de beaucoup de marques de proposer des crèmes solaires "sans nano". Ces marques auraient été dupées par les fausses informations fournies par Antaria. De quoi créer une véritable "crise de confiance" auprès des consommateurs, puisque même des marques réputées pour leur sérieux comme Cancer Council ignorent la nature exacte des ingrédients qui composent leurs produits.
L’ONG australienne réclame depuis plusieurs années la mise en place de tests et d’un étiquetage obligatoires des nano-ingrédients dans les crèmes solaires.

Quid en France ?

Nous avons contacté le département Cosmétiques d'Ecocert pour vérifier si cet ingrédient ZinClear IM est effectivement certifié chez eux : leur cahier des charges vise en effet à garantir, notamment, l'absence de nanoparticules des "cosmétiques écologiques et biologiques". Nous avons également sollicité plusieurs associations de consommateurs pour tenter de savoir si l'ingrédient ZinClear IM est présent dans des crèmes solaires distribuées en France. Nous vous tiendrons informés de leur réponse.
En tout état de cause, cet épisode illustre les difficultés techniques de détection des nanomatériaux et la nécessité de renforcer la transmission des informations entre les différents acteurs, à chaque étape du cycle de vie des produits, entre chercheurs, producteurs, travailleurs, distributeurs et consommateurs afin que chacun à son niveau puisse agir en connaissance de cause et participer à la construction d'une co-vigilance effective.
La loi devrait permettre d'aller dans ce sens :
  • En Europe, Réglement Cosmétiques exige qu'à partir de 2013 les fabricants indiquent par le terme "nano" entre parenthèses la présence de ces nanomatériaux dans la liste des ingrédients des cosmétiques : la règle d’étiquetage prévoit que soit ainsi indiqué, dans le cas du TiO2 par exemple : Titanium dioxyde [nano].
  • En France, les entreprises et laboratoires auront obligation, à partir de 2013, de déclarer les quantités et les usages de nanomatériaux qu'ils produisent, distribuent ou importent. Le dispositif a notamment pour objectif de disposer d’une meilleure connaissance du marché et des volumes commercialisés. Mais il est critiqué pour la faiblesse des amendes prévues en cas de non-respect de l'obligation légale et les considérations de confidentialité et de secret commercial ou industriel inscrites dans le texte qui en limitent la portée.
Comment les entreprises françaises et européennes se préparent-elles à appliquer le réglement européen et la loi française en la matière ? Ont-elles commencé la mise à jour de leurs fiches produits ou fiches de sécurité ? Comment ont-elles prévu d'informer leurs clients, les transformateurs, revendeurs, distributeurs, travailleurs et consommateurs ? Vos témoignages sont attendus à l'adresse redaction(at)veillenanos.fr.


ZinClear est-il certifié par ECOCERT ?
En ce 24 juillet 2012, on peut lire en effet sur le site de COMERCIAL QUIMICA MASSO un paragraphe daté de Mai 2009 :
"The safety of nanoparticles in cosmetics is currently a “hot issue”. Some industry suppliers have already started to look for safer alternatives while keeping the same or even better performance than the actual products.
ANTARIA Ltd and COMERCIAL QUIMICA MASSO are delighted to announce that the new ZINCLEAR IM dispersions are based on micronized ZnO, deliver a superior transparency and provide excellent UV protection (covering UVA and UVB). The key ZinClear IM products are:
  • ZinClear IM 50AB: 50% dispersion of micronized ZnO in C12-C15 Alkyl Benzoate
  • ZinClear IM 50CCT: 50% dispersion of micronized ZnO in Capric Capryllic Triglyceride. The unique sun filter with ECOCERT CERTIFICATION"
Nous attendons une réponse du département Cosmétiques d'ECOCERT



POUR ALLER PLUS LOIN
Nous vous invitons :

INTERNATIONAL : Relance de la polémique sur la capacité des nanoparticules à traverser la barrière cutanée

Par MD et DL - 3 octobre 2012
Sommaire

"Les nanoparticules ne pénètrent pas dans la peau" selon des chercheurs britanniques

Des chercheurs de l'université de Bath au Royaume-Uni prétendent avoir prouvé que les nanoparticules ne peuvent traverser la peau.
Dans le communiqué de presse annonçant la publication de leur étude par le Journal of Controlled Release en août dernier, ils affirment que les résultats obtenus vont apaiser les inquiétudes de ceux qui redoutent que les nanoparticules potentiellement nocives (notamment celles utilisées dans les écrans solaires) puissent être absorbées par l'organisme.

Une étude menée dans des conditions contestées

Mais les Amis de la Terre Australie contestent cette présentation des choses qu'ils qualifient d'"irresponsable".
Ils soulignent aussi les faiblesses méthodologiques de l'étude, dont le protocole ne reflète pas les conditions réelles d'utilisation des crèmes solaires. Ainsi, l'étude a été menée sur des échantillons de peau de cochon et sur une durée maximale de 16 heures seulement. Une expérience trop courte et restrictive selon les Amis de la Terre : elle ne prend pas en compte des facteurs pourtant déterminants, comme la flexion de la peau ou les produits rajoutés par les industries cosmétiques pour favoriser la pénétration cutanée des produits actifs.
Les Amis de la Terre citent à titre d'exemple une autre étude publiée en 2010 menée par des chercheurs de Macquarie University (Australie) et l'organisation fédérale pour la recherche scientifique et industrielle australienne (le CSIRO) : effectuée sur des hommes et des femmes (et non pas des cochons), et utilisant du nano oxyde de zinc utilisé dans les crèmes solaires, elle avait montré que de faibles quantités de zinc traversaient la barrière cutanée. Il avait fallu attendre deux jours pour en détecter dans le sang des volontaires. Une étude publiée dans la très sérieuse revue Toxicological Sciences que les universitaires britanniques ne mentionnent pas...
Le parallèle est troublant avec la polémique en cours sur la durée des expériences de toxicité des OGM relancée par la publication de l’équipe du Pr. Gilles-Eric Séralini dont l'étude menée sur deux ans a montré des effets que les études menées sur 90 jours par les industriels n'avaient pas permis d'observer.
Rappelons qu'une fois dans l’organisme, les nanoparticules ne sont pas nécessairement dégradées ou éliminées et peuvent s'accumuler et avoir des effets toxiques.

Un conflit d'intérêt ?

Autre point souligné par les Amis de la Terre : l'étude a été financée dans le cadre du projet européen NAPOLEON, aujourd'hui achevé, mais qui comptait parmi ses membres L'Oréal et BASF... utilisateurs ou fabricants de nanomatériaux. De quoi alimenter les doutes sur l'objectivité des chercheurs qui ont mené l'étude et étayer les appels à un renforcement de la déontologie de l’expertise lancés notamment par la Fondation Sciences Citoyennes. Cette dernière travaille actuellement à défendre la proposition de loi relative à la création de la Haute Autorité de l'expertise scientifique et de l'alerte en matière de santé et d'environnement que le Sénat devrait examiner prochainement. L'enjeu est de taille : prévenir de futurs scandales sanitaires comme ceux du Médiator et de l'amiante.
S'ils ont raté leur objectif (nous convaincre de l'incapacité des nanoparticules à pénétrer à travers la peau), les chercheurs britanniques ont en revanche réussi à confirmer le besoin de plus de sérieux dans la déontologie scientifique et d'une vraie transparence. Dans le cas des nanotechnologies et des nanomatériaux aussi, la vigilance de tous - scientifiques, mais aussi employeurs, salariés, syndicats, associations - doit être encouragée.

LIRE AUSSI sur notre site :
- Notre rubrique Nano et Cosmétiques
- Nos fiches :

COSMÉTIQUES - C'est l'été, le temps du soleil... et des controverses sur les risques liés aux nanomatériaux dans les crèmes solaires

par MD et DL avec l'équipe Avicenn - 6 juillet 2011
Ne pas utiliser de produits cosmétiques - en particulier les crèmes solaires - contenant des nanoparticules de dioxyde de titane sur une peau lésée ou sur les coups de soleil. Ne pas les utiliser non plus sur le visage ou dans des locaux fermés quand elles se présentent sous formes de spray. Voilà les recommandations de l'Afssaps rendues publiques à la mi-juin. Jugeant que la pénétration cutanée "semble limitée aux couches supérieures de la peau saine", l'agence se veut néanmoins rassurante... tout en demandant davantage d'études.
Une semaine plus tard, le 23 juin, aux Etats-Unis, la Food & Drug Administration (FDA) est accusée de manquer à sa mission de protection des consommateurs par trois associations qui militent pour l'étiquetage et la vérification de l'innocuité des nanos dans les crèmes solaires.
En ce début d'été, l'Avicenn fait le point sur le dossier controversé des nanos dans les écrans solaires.
Sommaire

Les recommendations de l'Afssaps

Répondant à une demande de la Direction générale de la santé (DGS), l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a analysé les données scientifiques relatives à la pénétration cutanée, la génotoxicité et la cancérogénèse des nanoparticules de dioxyde de titane (TiO2) et de l'oxyde de zinc (ZnO) utilisées sous forme de nanoparticules comme anti-UV dans les produits cosmétiques.
Dans deux rapports publiés mi-juin1, elle constate que les études scientifiques actuelles ne montrent pas de pénétration cutanée significative du nano TiO2 pour les peaux saines, mais ne permettent pas de tirer de conclusion dans un sens ou dans l'autre pour les peaux lésées. L'Afssaps recommande donc de ne pas appliquer de crème contenant du nano TiO2 sur des peaux lésées (par exemple par des coups de soleil) du fait des risques potentiels pour la santé humaine.
Concernant le nano ZnO, une étude menée en Australie montre en revanche que le zinc peut se retrouver dans la circulation sanguine et les urines - mais à des doses très faibles.
Les études de génotoxicité issues de la littérature scientifique sur les nanoparticules de TiO2 et de ZnO ont donné des résultats contradictoires et ne permettent pas d'évaluer le risque des nanoparticules utilisées dans les produits cosmétiques car elles ont été menées sur des nanoparticules différentes de celles utilisées dans les produits cosmétiques.
Les données de toxicité chronique et de cancérogenèse sont également limitées - quantitativement et qualitativement - si bien que l'Afssaps ne tire pas de conclusion. Toutefois, des études réalisées par voie respiratoire ayant montré une toxicité pulmonaire chez le rat - dans des conditions d'exposition néanmoins différentes de celles rencontrées par les humains - l'Afssaps déconseille d'utiliser sur le visage ou dans des locaux fermés les cosmétiques contenant des nanoparticules et se présentant sous formes de spray.
Aux Etats-Unis, la Food and Drug Administration vient quant à elle d'être pointée du doigt pour son absence de prise de position en la matière : trois associations de protection de l'environnement ou des consommateurs demandent l'étiquetage et la vérification de l'innocuité des nanos dans les crèmes solaires du fait des risques potentiels pour la santé2.

Risqués les nano dans les cosmétiques ? Tout dépend qui l'on écoute

Certaines marques cosmétiques se veulent rassurantes et affirment qu'il n'y a pas de risque.
En octobre 2009, lors de la réunion publique d'Orléans organisée dans le cadre du débat public national par la CNDP, Pascal Courtellemont, responsable du département sécurité du produit au sein du groupe LVMH Recherche, affirmait qu'"il n'y a pas de pénétration cutanée du dioxyde de titane à travers la peau (...). La maîtrise de la sécurité de nos produits cosmétiques et solaires est totale. En aucun cas, une industrie cosmétique, quelle qu'elle soit, ne va prendre le risque de mettre sur le marché un ingrédient dont elle ne maîtrise pas le profil toxicologique"3.
Plus près de nous, en avril dernier, la Nanodermatology Society, financée par de grandes industries pharmaceutiques, chimiques et cosmétiques, a publié sa position officielle sur les crèmes solaires : "The Nanodermatology Society believes that nano-based sunscreens do not pose serious health risks to consumers"4. Traduction : la Nanodermatology Society croit que les écrans solaires contenant des nanos ne posent pas de risques graves pour la santé des consommateurs". Et ce sur la base d'une sélection d'études dont les protocoles - et donc les conclusions - sont contestés par des associations de protection de la santé, de l'environnement ou des consommateurs.

De leur côté, les associations de protection de la santé, de l'environnement ou des consommateurs appellent à la vigilance.
Dans le communiqué que trois associations américaines ont tout récemment envoyé à la FDA et à la presse, Michael Hansen, de l'association de protection des consommateurs Consumers Union critique les études de pénétration cutanée des nanomatériaux : menées sur des temps très courts (24h maximum pour la plupart)2, elles ne reflètent pas les conditions réelles d'utilisation. L'Afssaps note également que beaucoup d'études sont réalisées sur une durée de 72 heures maximum. Des chercheurs européens qui viennent de publier une revue de la littérature sur les risques sanitaires du nano TiO2 appellent eux aussi à la réalisation d'études plus poussées sur l'application répétée de crème solaire au nano TiO2, ainsi que sur l'application sur une peau endommagée.

Les trois signataires du communiqué - Consumers Union, ICTA et Les Amis de la Terre - figurent parmi les ONG les plus actives sur le sujet ; ils militent depuis 20065 contre l'utilisation généralisée des nanomatériaux par l'industrie cosmétique, notamment dans les crèmes solaires, alors qu'ils présentent des risques pour la santé humaine. Ils exercent un lobbying auprès des pouvoirs publics et des industriels afin de promouvoir le principe de précaution.
Sur la base des mises en garde des Amis de la Terre, une section du syndicat enseignant australien (the Victorian branch of the Australian Education Union - AEU) a même recommandé que ces crèmes solaires ne soient pas utilisées par les élèves ni par les enseignants6 : les enfants notamment, dont la peau est plus fine, pourraient être davantage exposés et vulnérables.

Les ONG soulignent la mise en évidence, par des scientifiques, de la capacité du nano Tio2 à endommager les membranes cellulaires des bactéries et des crustacés ; à causer le cancer chez la souris, suite aux perturbations qu'il entraîne au niveau de l'ADN ; à passer la barrière du placenta, entraînant des troubles fonctionnels et pathologiques.
La vigilance est toutefois de mise, car ces constatations ont été faites pour des expérimentations qui sont éloignées des conditions d'utilisation du nano TiO2 des crèmes solaires (certaines études portent par exemple sur l'ingestion de nanoparticules, et non pas leur application cutanée). Pour en savoir plus, se rapporter au rapport de l'Afssaps, au site NanoCEO qui liste de nombreux articles académiques sur les risques du nano dioxyde de titane, ou sur la base de données alimentée par ICON (International Council on Nanotechnology) aux Etats-Unis.

Ces ONG font remarquer qu'une étude de toxicologie australienne (Gulson, 2010 - citée par l'Afssaps1 mais à laquelle ni la FDA ni la Nanodermatology Society ne font référence) a montré une augmentation des taux en zinc dans le sang et les urines chez des volontaires traités avec du nano ZnO.

Une autre association environnementale américaine, the Environmental Working Group, est moins opposée à l'utilisation de crèmes solaires contenant des nanomatériaux ; elle fait valoir que le dioxyde de titane et l'oxyde de zinc sont moins nocifs pour l'organisme que d'autres substances utilisées dans certaines crèmes solaires, véritables perturbateurs endocriniens. Toutefois, EWG déconseille les crèmes solaires au nano TiO2 et ZnO qui se présentent sous forme de poudre ou de sprays7.

Les questions liées à la santé des consommateurs ne pas doivent pas faire oublier les questions liées à la santé des travailleurs de l'industrie cosmétique potentiellement exposés aux nanomatériaux (comment garantir qu'ils soient bien protégés ?), ni celles liées à l'environnement : l'Afsset a estimé l'année dernière que l’usage des crèmes solaires aboutit à un relarguage de nano TiO2 dans le milieu naturel de 230 tonnes par an, rien qu’en France.

Comment éviter d'utiliser des produits... non identifiables ?

La mise en garde de l'Afssaps va donc dans le sens des messages envoyés depuis 2006 par ces ONG. Reste un détail... pourtant crucial : comment éviter d'utiliser ces produits... alors qu'ils ne sont ni identifiés et ni identifiables aujourd'hui par le consommateur ? Il est en effet impossible aujourd'hui de savoir si une crème solaire contient des nanos ou non, car il n'est pas fait mention des nanomatériaux sur l’étiquetage par les marques de cosmétiques.
Le ministère de la santé, l'Anses ou l'Affsaps ne fournissent pas non plus les informations dont ils peuvent disposer sur le sujet. Le projet de décret relatif à la déclaration des substances à l'état nanoparticulaire mises sur le marché protège au contraire la confidentialité des informations fournies par les entreprises, au nom de la protection du secret industriel ou commercial.
La situation devrait changer en Europe dans deux ans : le nouveau Réglement Cosmétiques de 2009 exige qu'à partir de 2013 les fabricants indiquent la présence de ces nanomatériaux dans la liste des ingrédients des cosmétiques. Une règle d’étiquetage prévoit que soit indiqué, dans le cas du TiO2 : Titanium dioxyde [nano].

Transparence des crèmes solaires nano, opacité des industries cosmétiques

Enfin, aux présomptions de toxicité de ces produits, vient se greffer un autre problème, lié aux réticences structurelles d'une grande majorité des entreprises à communiquer les informations requises.
Si les crèmes solaires deviennent translucides grâce à l'utilisation de nano TiO2 et ZnO, les associations de protection de la santé, de l'environnement ou des consommateurs regrettent pour leur part le manque de transparence des marques cosmétiques.

Des crèmes solaires nano moins blanches

En octobre 2009, lors de la réunion d'Orléans2 du débat public national sur les nanotechnologies, Gérard Redziniak, de la Société française de Cosmétologie, a insisté sur le gain, pour le consommateur, de la transparence permise par les nanoparticules de TiO2.
lettre
Commentant la photo ci-après, qui montre, à droite une "vieille" crème solaire avec de l'oxyde de titane non nanoparticulaire et à gauche, la même protection solaire, avec des nanoparticules d'oxyde de titane, il a affirmé : "quand il utilise un produit solaire, le consommateur ne veut pas ressembler au Pierrot. Il préfère être beau et bien bronzé."

"Etre beau", certes, mais est-on sûr que le gain obtenu en terme d'esthétique n'est pas perdu en terme de sécurité pour le consommateur ? Non, selon Francis Quinn, alors directeur du développement durable chez L'Oréal, qui ajoutait, lors de la même réunion : "C'est un produit qui intrinsèquement est beaucoup plus efficace pour arrêter le rayonnement ultraviolet que la version traditionnelle qui est toute blanche. Ce n'est donc pas seulement un choix esthétique pour le consommateur, qui n'est pas tout blanc, mais une protection nettement meilleure".
Rien n'est moins sûr, répondent de leur côté les Amis de la Terre qui conseillent de s'en tenir aux formules sans nanoparticules - dont certaines peuvent également être transparentes - et reprochent aux marques cosmétiques leur opacité.

Opacité des industries cosmétiques

En 2008, l'association de protection de consommateurs Consumers Union avait testé un certain nombre de crèmes solaires prétendument "naturelles" et révélé que 80% des crèmes testées contenaient des nanoparticules8.

En mai 2010, les Amis de la Terre Australie ont dénoncé le fait que de nombreuses marques de cosmétiques refusent de révéler si leur produits solaires contiennent ou non des nanoparticules ; le résultat de leur enquête menée début 2010 permet de voir la réponse fournie par 140 marques de cosmétiques à la question de la présence ou non d'éléments nano dans leurs crèmes solaires. Quatre marques (Clarins, M.A.C. Cosmetics, Skinceuticals and Tropicare) ont explicitement refusé de répondre. Seules quelques marques, dont Dior et Body Shop, ont reconnu en utiliser9.

Critiquée pour avoir refusé de participer en 2007 au Nanoforum consacré aux cosmétiques10, la Fédération des Entreprises de la Beauté (FEBEA) a tout de même participé au débat public national de 2009-2010 en France, et produit un cahier d'acteurs qui affirme que le nano dioxyde de titane est utilisé dans les produits de protection solaire "depuis bientôt 20 ans".

Dans un échange11 très intéressant et très riche avec le toxicologue Andrew Maynard, l'association des Amis de la Terre estime qu'il est du devoir des industries non seulement de mieux tester l'innocuité de leurs produits mais également d'être plus transparents.
Se pose ainsi la question du rôle des différents acteurs : si les associations de consommateurs, de protection de l'environnement ou de la santé sont un rôle de garde-fou, le poids de la preuve ne doit pas porter uniquement sur elles : les entreprises ont une responsabilité à assumer, sous la vigilance des pouvoirs publics.

Quels sont les défis à relever en terme de réglementation et de traçabilité ?

Aux USA, trois députés américains viennent de déposer une proposition de loi intitulée Safe Cosmetics Act au Congrès américain le 24 juin dernier. S'il est voté, ce texte obligerait les entreprises à déclarer à la FDA leur utilisation de nanomatériaux, en donnant des précisions sur ces derniers (dont la taille et des données toxicologiques) - informations qui devraient être rendues publiques. Le texte donnerait à la FDA le pouvoir d'exiger que l'étiquette des cosmétiques concernés mentionne la présence de nanomatériaux manufacturés, ce dont se félicitent les Amis de la Terre USA dans un communiqué.
De ce côté-ci de l'Atlantique, la déclaration obligatoire des substances à l'état nanoparticulaire prévue par les lois de Grenelle en France ou le Réglement Cosmétiques en Europe changeront-ils la donne en assurant un meilleur accès à l'information et une meilleure prévention des risques ? Certains en doutent.

Un futur étiquetage déjà sujet à caution

S'il permettrait au consommateur, théoriquement, d'y voir un peu plus clair, l'étiquetage prévu par le Réglement Cosmétiques européen ne réglera pas tous les problèmes, liés à la question plus générale de la définition des nanomatériaux, toujours pas stabilisée et source de controverses.
Par exemple, si les nanomatériaux utilisés excèdent le seuil des 100 nm et/ou forment des aggrégats ou agglomérats, ils pourraient échapper aux dispositions prévues par le Réglement. Or Pascal Courtellemont (LVMH Recherche) affirmait (toujours en octobre 2009) que le nano dioxyde de titane s'agglomère "lorsqu'il est mis dans les matrices cosmétiques. (...) On passe de tailles qui avoisinent les dizaines de nanomètres à 150 nanomètres, puis à des agglomérats à 1 ou 3 microns"2.
Selon un journaliste américain12, la marque Burt’s Bees a déclaré renoncer à utiliser des particules d'une taille inférieure à 200nm. Depuis mars 2011, une autre marque américaine, Badger, affiche avoir renoncé à utiliser des particules d'oxyde de zinc d'une taille inférieure à 120 nm depuis mars 201113.
100, 120, 150, ou 200 nm : dans tous les cas, le seuil choisi l'est de façon arbitraire (le SCENIHR, Comité scientifique européen pour les nouveaux risques émergents, a ainsi souligné l'absence de fondement scientifique au seuil souvent avancé de 100 nm) et laisse sceptiques les consommateurs, associations et agences sanitaires : comment prétendre en toute bonne foi que la toxicité des particules disparaît à telle ou telle taille, mais que leurs propriétés anti-UV ou leur transparence, elles, sont conservées ?

Comment s'assurer du respect de l'obligation de déclaration des nanomatériaux par les entreprises ?

En France, le projet de déclaration des substances à l'état nanoparticulaire mises sur le marché prévoit que les importateurs, fabricants ou distributeurs les déclarent à l'Anses. Les entreprises se conformeront-elles aux exigences de la loi ? Beaucoup en doutent. Les sanctions prévues seraient trop peu dissuasives : de nombreuses entreprises pourraient préférer prendre le risque d'une amende plutôt que d'afficher la composition nano de leurs produits et prendre alors le risque de voir les consommateurs se détourner de leurs produits.
En Nouvelle Zélande, les nanomatériaux utilisés ou importés pour être intégrés dans les cosmétiques doivent être signalés à l'Autorité de Management des Risques Environnementaux ; mais en juin 2010, le Sustainability Council de Nouvelle Zélande déplorait qu'aucun signalement n'ait été effectué, malgré la présence de nombreux produits cosmétiques contenant des nanomatériaux sur le marché néozélandais14.

Dans le doute, comment choisir sa crème solaire ?

Pour ceux qui voudraient éviter d'utiliser des produits solaires contenant des nanomatériaux, sachez que "les produits de protection solaire de haut grade, produits 50 ou 50 +, contiennent tous du dioxyde de titane nano" selon Anne Dux, représentante la Fédération des entreprises de la beauté2.
Rien ne sert de déboucher les tubes de crèmes au supermarché ou dans sa pharmacie pour vérifier leur transparence : certaines marques ont développé des produits solaires sans nano mais tout de même transparents.
L'ONG américaine Environmental Working Group (EWG) a mis en place une base de données "Skin Deep Cosmetic Safety database" et un guide des crèmes solaires accessible en ligne à l'adresse http://breakingnews.ewg.org/2011sunscreen.
Le 1er décembre 2010, Les Amis de la Terre Australie ont publié de leur côté un Guide des crèmes solaires 2010-2011 téléchargeable sur leur site internet, où figurent notamment, parmi les marques utilisant des nanomatériaux : Ambre Solaire, Garnier, Kosmea, Avéne, Helena Rubinstein, Lancôme, L'Oréal, Maybelline et Shu Uemera15.
Le référentiel "Cosmos Organic" de la certification Cosmos (Cosmetic Organic Standard) interdit les nanomatériaux16.

A l'heure actuelle, au vu des nombreux problèmes de seuil, de mesure, et d'opacité relevés plus haut, il est cependant difficile de s'assurer de l'absence de nanomatériaux dans les crèmes.
60 millions de consommateurs a réalisé dans son n° de juillet-août un dossier sur cette question : sur les dix crèmes solaires testées, tous contenaient des nanoparticules, même dans les produits bio où elles sont interdites. Des résultats qui font (re)dire à Marie-Jeane Husset, directrice de la rédaction, que "le droit à l'information est l'un des droits fondamentaux des consommateurs".
Tant que la mise en regard du gain d'efficacité des formules nanométriques par rapport à leur plus grande toxicité ne sera pas effectuée de manière plus poussée et plus transparente, le doute subsistera et le principe de précaution s'imposera.

Quelles alternatives ?

Du fait des controverses nées de l'utilisation de nanoparticules métalliques dans les crèmes solaires, certains chercheurs se sont penchés sur des alternatives... faisant néanmoins intervenir elles aussi des éléments nanométriques, mais naturels et, selon eux, moins toxiques : des chercheurs de l'Université du Tennesse ont ainsi mis en évidence les propriétés anti-UV de nanoparticules secrétées par du lierre grimpant et font valoir qu'il s'agit d'une alternative sérieuse aux nanoparticules de dixoyde de titane ou oxyde de zinc17.

En attendant la confirmation de cette piste (parmi d'autres), les recommendations des agences sanitaires, médecins et associations de protection de la santé ou de l'environnement sont, elles, sans effet secondaire inconnu : minimiser le temps d'exposition au soleil entre midi et 16h, porter chapeau, lunettes de soleil et vêtements légers, et privilégier l'ombre sont les meilleurs moyens de limiter les risques liés au soleil. Et nul besoin d'avoir une thèse en toxicologie pour les appliquer !

Ce qu'il reste à éclaircir...

Au niveau européen, le Réglement Cosmétiques qui prendra effet à partir de 2013, prévoit un régime de notification spécifique des produits contenant des nanomatériaux six mois avant leur mise sur le marché, mais ce régime ne s'applique pas aux filtres ultra violets. Les raisons de cette exception ? Elles ne sont pas explicitées dans le texte. L'Avicenn cherche à éclaircir ce point et a interrogé plusieurs personnes à ce sujet. Nous sommes encore dans l'attente de leur réponse.
Si vous avez des éléments d'information sur la question, n'hésitez pas à envoyer un mail à redaction[AT]veillenanos.fr

NOTES
1 - Nanoparticules de dioxyde de titane et d’oxyde de zinc dans les produits cosmétiques : Etat des connaissances sur la pénétration cutanée, génotoxicité et cancérogenèse - Point d'information, AFSSAPS, 14 juin 2011 (voir pp. 28-29 du rapport d'état des connaissances pour une présentation de l'étude de Gulson)
2 - New FDA sunscreen rules called blind to nanotechnology - Agency fails to protect consumers from untested, unlabeled nano ingredients lurking in many widely used sunscreens, Les Amis de la Terre, ICTA, Consumers Union, 23 juin 2011
3 - Verbatim de la réunion d'Orléans, CNDP nano, 27 octobre 2009
4 - The 2011 Nanodermatology Society Position Statement on Sunscreens, Avril 2011
5 - Actions des Amis de la Terre : Nanosunscreens threaten your health, Les Amis de la Terre, Etats-Unis ; en français, voir le Cahier d'acteurs pour le débat public national, Les Amis de la Terre, France, octobre 2009. En mai 2006, six associations américaines ont demandé à l’Administration fédérale de faire retirer du marché tous les produits cosmétiques renfermant des nanoparticules synthétiques (de dioxyde de titane ou d’oxyde de zinc) : CTA Files Legal Action to Force FDA to Regulate Health Threats from Nanomaterials, 16 mai 2006 : ICTA, Les Amis de la Terre, Greenpeace International, The Action Group on Erosion, Technology, and Concentration (ETC Group), Clean Production Action, The Center for Environmental Health (CEH), Our Bodies Ourselves, et The Silicon Valley Toxics Coalition (SVTC)
6 - Schools advised to use nano-free sunscreen, Australian Education Union, 18 May 2011
7 - Nanomaterials and hormone disruptors in sunscreens, EWG, 2011
8 - Consumer Reports Test Reveals Nanoparticles Present in 4 out of 5 Sunscreens, Even When Companies Claim They Are Not, 31 octobre 2008 ; No-nano sunscreens?, Consumer Reports, Décembre 2008
9 - Companies deny consumers information on nano-ingredients in sunscreens, cosmetics, Les Amis de la Terre Australie, mai 2010
10 - Vive la transparence !, Bernadette Bensaude-Vincent, VivAgora, 22 octobre 2009
11 - "Conversation" entre scientifiques, ONG et industries sur le blog 2020 Science :
Just how risky could nanoparticles in sunscreens be?, 8 juin 2010 ; Just how risky can nanoparticles in sunscreens be? Friends of the Earth respond ; 15 juin 2010 ; Friends of the Earth come down hard on nanotechnology – are they right?, 8 juin 2010 ; The safety of nanotechnology-based sunscreens – some reflections , 18 juillet 2010 ; Nano-sunscreens leave their mark, 19 août 2010
12 - Some Sunscreens Have A New Mini-Secret, Gwyneth K. Shaw , The New Heaven Independant, 30 mai 2011
13 - Zinc Oxide & Nanoparticles in Sunscreens, Badger Balm
14 - The Invisible Revolution, Sustainability Council, Nouvelle Zélande, juin 2010
15 - Safe Sunscreen Guide summer 2010-2011, Les Amis de la Terre Australie, décembre 2010
16 - COSMOS-standard, Cosmetics organic and natural standard, Version 1.1, 31 janvier 2011
17 - Ultraviolet Extinction and Visible Transparency by Ivy Nanoparticles, Nanoscale Research Letters, (2010) 5:1487–1491

EN SAVOIR PLUS
- Nanoprocédés et produits cosmétiques, Nanoforum du CNAM, 6 décembre 2007
- vidéo "The story of Cosmetics"(traduite en Français) et la page "Nanotechnology" sur le site associé Campaign for Safe Cosmetics
- Prevention Soleil, un site de l'Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé
- Notes of Guidance for Testing of Cosmetic Ingredients and Their Safety Evaluation, European Scientific Committee on Consumer Safety (SCCS), Décembre 2010

INTERNATIONAL - Les Amis de la Terre dénoncent l'augmentation des inégalités entraînée par les nanotechnologies

par MD avec l'équipe Avicenn - 6 mai 2011
Les nanotechnologies sont souvent présentées comme une solution miracle à la pauvreté dans le monde. Les Amis de la Terre Australie contestent cette allégation et défendent la thèse opposée : dans un texte qu'ils viennent de publier sur leur site, ils dénoncent l'exacerbation des inégalités entre riches et pauvres suscitée par les nanotechnologies.
Sommaire

Les nanotechnologies sont souvent présentées comme une solution à la faim dans le monde, aux maladies et même à la misère des populations les plus pauvres. Dans un communiqué1 publié le 4 mai sur leur site internet, les Amis de la Terre Australie annoncent la publication d'un chapitre de livre où ils contestent ces allégations en mettant en lumière les conséquences des nanotechnologies en matière d'inégalités2.

Les nanos par les riches et pour les riches

Georgia Miller des Amis de la Terre et Gyorgy Scrinis de l'université de Melbourne observent que les personnes qui pilotent le développement des nanotechnologies sont empreintes d'intérêts financiers, politiques ou militaires... intérêts qui affectent les orientations de recherche et développement dans le domaine nano.
Ainsi, les brevets sont détenus en grande majorité par les pays du nord et les pays BRIC (le Brésil, la Russie, l'Inde et surtout la Chine).
Dans les conférences et institutions internationales (par exemple l'OCDE ou la FAO, organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture), les pays du nord sont les plus influents.
Enfin, les recherches en cours et les produits aujourd'hui commercialisés sont, dans leur très large majorité, destinés à des consommateurs aisés3.
Pour les auteurs du texte, il est dans l'intérêt des pays du nord et des pays BRIC de maintenir les inégalités actuelles, dont ils tirent leur puissance économique et politique.

Que reste-t-il pour les plus pauvres ?

Les auteurs reconnaissent l'existence d'applications nano pouvant bénéficier aux plus pauvres. Néanmoins, ils insistent sur le fait que l'existence de ces applications ne signifie pas que ceux qui en ont besoin pourront les payer.
Quant aux dispositifs intégrant des nanomatériaux vantés pour leur faible coût et donc leur accessibilité pour les populations des pays pauvres (filtres pour l'assainissement de l'eau, médicaments, kits médicaux par exemple), Miller et Scrinis rétorquent qu'ils relèvent pour la plupart d'applications "micro", loin d'être à la hauteur des enjeux auxquels sont confrontées les populations pauvres, qui exigeraient une réponse plus globale et souvent politique.
Ils soulignent enfin le fait que les destinataires de ces applications n'auront pas ou peu) la maîtrise de leur production, de leur maintenance ou de leur distribution, et deviendront donc encore plus dépendants des entreprises des pays riches - ce qui relativise de beaucoup le bénéfice potentiel.

Vers un accroissement des inégalités

En dépit de voeux pieux appelant à une plus grande prise en compte des implications éthiques, légales et sociales des nanotechnologies, ceux qui sont aux commandes du développement nano n'auraient fait preuve - toujours selon Miller et Scrinis - d'aucun réel engagement favorisant une réorientation des recherches et développements vers les besoins humains ou une société plus juste. Tout au plus se contentent-ils de traiter la question des risques sanitaires et environnementaux, évitant soigneusement de traiter les aspects sociaux et politiques plus larges et plus problématiques.
Soulignant la forte influence des promoteurs des nanotechnologies, les auteurs concluent sur la faible probabilité que les nanotechnologies permettent un quelconque rééquilibrage des inégalités actuelles. Bien au contraire, les nanotechnologies pourraient au contraire accroître ces dernières - et ce, tant au niveau international (inégalités entre les pays), qu'au niveau infranational (au sein de leur population).

Quelques semaines plus tôt, une autre approche défendue par l'IFPRI

Ce texte est à rapprocher du rapport publié par l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI) en février dernier, intitulé "Agricultural, food, and water nanotechnologies for the poor"4 : les deux textes, malgré une approche et une tonalité différentes, se rejoignent partiellement dans leur analyse de la situation actuelle. En revanche, celui de l'IFRI émet des préconisations à destination du CGIAR (Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale) fondé par la Banque mondiale, afin de favoriser un meilleur accès des populations pauvres aux bénéfices escomptés des nanotechnologies. A lire en ayant en tête le fait que l'IFPRI et le CGIAR font partie de ces institutions que Les Amis de la Terre considèrent à la solde des pays riches à qui bénéficie le développement des nanos.

NOTES
1 - Nanotechnology and inequity - help or hindrance?, Les Amis de la Terre Australie, 4 mai 2011
2 - Nanotechnology and the Extension and Transformation of Inequity, Miller, G. and Scrinis, G. , in S.E. Cozzens, J.M. Wetmore (eds.), Nanotechnology and the Challenges of Equity, Equality and Development, Yearbook of Nanotechnology in Society 2, DOI 10.1007/978-90-481-9615-9_7, Springer Science+Business Media B.V. 2011
3 - L'argument est développé notamment par Invernizzi, N., G. Foladori, and D. Maclurcan, dans Nanotechnology’s controversial role for the south. Science Technology Society, 13 (1): 123–148, 2008.
4 - Agricultural, food, and water nanotechnologies for the poor, International Food Policy Research Institute (IFPRI), février 2011

EN SAVOIR PLUS
2012juillet_GRET_nano_et_pays_en_devpt
- Risques et opportunités trans-sectoriels des nanotechnologies pour les pays en développement, étude pour l'Agence française de développement, mai 2010
- Nanotechnologies et pays en développement – Pistes d’actions pour des décisions plus concertées et plus équitables , 2012







2011_ETCGroup_nouvelles_tech_en_Afrique
Nouvelles technologies en Afrique: une menace pour la souveraineté, publié en 2011 par Pambazuka News en collaboration avec ETC Group
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