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Nano et Agricultures (2/8) : Quels acteurs de l’agriculture sont entrés dans l’action et dans le débat ?

image dossier_agriculture_et_nano_3.jpg (19.9kB)
Par DL, MD - août 2018 DL

Cette fiche fait partie de notre Dossier Nano et Agricultures
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Dates repères : les acteurs qui se sont exprimés de 2004 à 2012

En 2004, au Canada, après avoir milité sur les risques OGM, l'ONG ETC-Group publie un dossier d’alerte rassemblant les craintes sur les perspectives des nanotechnologie : la ferme atomisée. Une version française est encore accessible ici dans espace collectif http://veillenanos.fr/collectif/wakka.php?wiki=NanoPAliments

Schéma à faire : les craintes, les recommandations en 2004, et 10 ans après, ce qui est sur le marché, le suivi des recommandations et ce qui reste en alerte, comparé au pronostic de ETC Group…

La ferme atomisée n’est pas un réquisitoire contre le changement technologique ni un appel au statu quo. C’est plutôt un appel à la réalité : d’importants changements technologiques sont déjà en cours et ils vont affecter l’ensemble de la société. Certaines retombées sont faciles à prévoir, d’autres le sont moins. Par ailleurs, ce rapport n’accepte pas le postulat selon lequel il est inévitable que l’alimentation et l’agriculture subissent une transformation extrême en raison de
la nanotechnologie. Il est demandé de tracer ce qui concerne l’alimentation et donc l’agroalimentaire et en agriculture d’interdire la dissémination dans l’environnement des nanopréparations d’intrants agricoles tels que les pesticides, engrais et produits de traitement du sol jusqu’à ce qu’un nouveau régime réglementaire spécialement conçu pour examiner ces produits ait établi leur innocuité.

En 2005, le Consultative Group on International Agricultural Research (le CGIAR qui regroupe 15 centres de recherche au niveau international et dont le secrétariat est à Montpellier-France) souligne que pour que l’agriculture des pays en voie de développement profite des espérances des nanotechnologies, il faut que ce ne soit pas contrôlé par des multinationales des pays développés, et constate que l’Argentine, le Chili, la Chine, l’India, le Mexique, les Philippines et l’Afrique du Sud ont déjà initié des programmes de recherche dans ce domaine.

En savoir + sur quelques coopérations internationales concernant les applications « nanos » à l’agriculture

En 2008, au Canada, des agriculteurs biologiques expriment leur refus des nanos,
et un rapport les nanotechnologies et l'agroalimentaire est publié en 2012 par la CEST, Commission de l'Ethique en Science et en Technologie du Québec. La diversité des applications en recherche ou mises au point est résumée dans ce tableau.

image 2012_CEST_Canada_nanofood_tab1.jpg (87.5kB)


En 2010, aux USA, face à l’insuffisance de moyens de régulation, les agriculteurs biologiques préfèrent refuser tout usage de nanoparticules.
En 2013, AVICENN fait le point Bio avec ou sans nano ?.


Au niveau international, des ONG ont abordé le sujet nano et agriculture

En 2012 au USA, l’Institut for Agriculture and Trade Policy publie une réflexion sur les enjeux d’un standard international, faisant référence au CODEX ALIMENTARIUS, créé par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) afin de protéger la santé des consommateurs et de promouvoir des pratiques loyales en matière de commerce de denrées alimentaires. L'IATP souligne que les demandes de moratoire sur la commercialisation des produits nanotechnologiques avant les évaluations de la sécurité n'ont pas été entendues.
Il est demandé :
- une révision des définitions pour les essais de produits agro-nanotechnologiques,
- d'éviter de répondre aux demandes de normes des membres pour légaliser la commercialisation de tel ou tel produit exporté par une entreprise d'un pays membre, car cela augmente la probabilité d'incohérence entre les normes et le chevauchement des comités augmente.
- de créer un groupe de travail qui pourrait décider des priorités en matière de santé publique plutôt que de commercialisation pour l'établissement de normes agro-nanotechnologiques.


La FAO http://www.fao.org/food/food-safety-quality/a-z-index/nano/en/ réalise plusieurs publications de 2010 à 2013.
Un inventaire des usages potentiels est publié en 2010 :Application of nanotechnologies in the food and agriculture sectors: potential food safety implications.
Nanoagri-2010 propose des recommandations dont :
  • la création par les organisations internationale (FAO, WHO, UNESCO, etc.) d'une base de données ou d'un portail sur les applications des nanotechnologies dans l'alimentation et l'agriculture, incluant des informations sur les exigences d'accès aux marchés dans différents pays
  • des collaborations sur les applications des nanotechnologies pour la purification de l'eau entre les instituts de recherche, les universités et les organisations internationales.
Une communication est réalisée à ce sujet en 2013 Nanotechnology-Enabled Water Treatment for improved Food Safety and Public Health.
Les solutions recherchées utilisent la photocatalyse sur films minces.

En 2013, les risques sont documentés dans un nouveau rapport de la FAO : State of the art on the initiatives and activities relevant to risk assessment and risk management of nanotechnologies in the food and agriculture sectors.

Ces travaux sont suivis d'une publication pour l'Europe en 2014 : EU JRC Scientific and Policy Report - Proceedings of a Workshop on "Nanotechnology for the agricultural sector: from research to the field".


En France

Lors du débat public, les acteurs agricoles ne sont pas visibles. Les organisations ayant émis un avis (cahier d'acteurs ou contribution) sont à l'aval de l'agriculture, sur des questions d'alimentation :
  • l'ANIA pour l'agroalimentaire publie son cahier d'acteur qui "insiste sur le fait que le domaine alimentaire est très encadré et que tout usage de nouvelle substance à destination de l’alimentation humaine est fortement réglementé et contrôlé. Ainsi, tout éventuel usage de nanotechnologies ne pourrait se faire sans évaluation et autorisation préalable. Au regard de la définition retenue dans le cadre de la révision du règlement sur les aliments nouveaux, les industriels de l’agroalimentaire déclarent ne pas introduire dans les aliments de nanomatériaux manufacturés intentionnellement dans le but d’une modification de leurs propriétés." Cette position sera révisée en juin 2013 lors de la présentation au Comité de Dialogue Nano de l'ANSES du dossier alimentation paru dans veillenanos.
  • une association IFN Institut Français de la Nutrition : plate-forme d'échanges et de communication scientifiques, créée en 1974 - notamment avec l'ANIA, mais le site www.ifn.asso.fr semble inactif en 2014 - où industriels et chercheurs peuvent débattre de façon libre et indépendante. Sa contribution rédigée par P. Colonna alors Directeur de Recherche et Délégué Scientifique Développement Durable à l'INRA, décrit les activités de recherche de l'Inra en cours en 2009. Elles concernent les nanostructures d'origine biologiques, la micro-fluidique, les nanomatériaux nanostructurés en surface (films et émulsions), en volume (nanoliposomes), les applications dans le domaine alimentaire (emballage et propriétés thermiques et ajouts de fonctions à des aliments). Selon la taille des nanoparticules, l'incertitude sur l'impact de l'ingestion est posée. Certaines applications sont décrites comme ne perturbant pas les fonctions digestive et métabolique (nanoencapsulation d'acides gras oméga 3), d'autres sont définies comme perturbantes comme les nanoparticules pour le contrôle de l'oxygène ou de l'eau dans les emballages ou les nanograins d'argent dans les farines comme agent antibactérien, pour lesquelles aucune information sur la métabolisation et l'absence de bioaccumulation n'était disponible en 2009.

En 2012, l'Inra et le Cirad publient un avis éthique http://inra.dam.front.pad.brainsonic.com/ressources/afile/223272-fb9e3-resource-comite-d-ethique-inra-cirad-avis-4.html

En 2013, l'Inra organise un colloque Ethique des Technologies et du Vivant qui aborde les impacts des nanostechnologies.

En 2012, un ""ForumPhyto"", organisation de la filière fruits et légumes porte à connaissance l'étude http://www.sciencedaily.com/releases/2012/06/120620113232.htm


Avis d’institutions et d’autres acteurs

En 2011, un avis international du CGIAR diffusé par l'IFPRI inclut un chapitre “Potential Benefits of Nanotechnology for the Poor”.
Il fait référence à cette une autre analyse lisible partiellement en ligne ici.
La plupart des recherches sur les nanotechnologies ont porté sur les pays développés. Pour répondre aux objectifs des pays pauvres, il faudrait que les nanotechnologies apportent des solutions pour améliorer l'agriculture, la productivité et la sécurité des aliments et de l'eau. Le manque d’information concerne non seulement sur les risques économiques potentiels associés à l'adoption de la nanotechnologie, mais aussi les coûts d'opportunité potentiels liés à la suppression des applications technologiques. Il est temps d'essayer de rediriger les efforts de recherche en nanotechnologie
vers des objectifs utiles pour l’agriculture et le développement durable, en tenant compte des
les contraintes futures liées au réchauffement de la planète et à la demande en bioénergie. Des recherches supplémentaires sont nécessaires sur les options de gouvernance, y compris les droits de propriété intellectuelle et
le rôle des cadres réglementaires nationaux, régionaux et internationaux qui seront forcément critiques pour la
utilisation future de la technologie.

Les Amis de la Terre en Australie sont assez critiques sur ces objectifs : voir notre article sur veillenanos.


En 2012, le GRET (ONG internationale de développement, de droit français) publie un point de vue citoyen en France : des promesses d’applications sont faites dans différents domaines : production et stockage de l’énergie, productivité agricole, traitement de l’eau, dépollution ou encore diagnostic et traitement de maladies, etc.Toutefois, les conditions ne sont pas encore réunies pour que les PED, et plus particulièrement les pays les moins avancés (PMA), bénéficient équitablement et sans risque des progrès potentiels issus des nanotechnologies.La question de la gouvernance de la recherche est posée.

En 2012, l'université d'agriculture du Pakistan étudie le sujet “Climate change, urbanization, sustainable use of natural resources and environmental issues like runoff and accumulation of pesticides and fertilizers are the hot issues for today’s agriculture” est une revue très orientée vers les promesses positives, malgré quelques phrases sur les risques, vite balayées.
Ce point de vue est peu orienté sur la compréhension des phénomènes naturels, mais toujours sur la création d'un nouvel intrant pour corriger les problèmes créés par les intrants précédents, qui étaient aussi des solutions en leur temps... Ainsi des nanotubes deviennent utiles pour filtrer l'eau et capturer des résidus de pesticides.

On s'interroge pas sur les causes de maladies dans les élevages : et si on concentrait moins les animaux, aurait-on besoin de tant d'antibiotiques ? Ces documents ne décrivent pas d'ouverture sur des alternatives de systèmes de production plus équilibrés.


En Suisse :
En 2012-2015, un projet multidisciplinaire du Programme national de recherche "Opportunité et risques des nanomatériaux" (PNR 64) est engagé afin d’étudier les risques potentiels des NM dans les systèmes agricoles. NANOMICROPS (Effects of NANOparticles on beneficial soil MIcrobes and CROPS), développe des systèmes de test d'écotoxicité pour les microorganismes des sols et les plantes utiles et élabore des méthodes analytiques visant à quantifier les nanomatériaux dans d'importants éléments de l'environnement tels que les sols et l'eau.
Des résultats sont publiés :
- en 2015 ENGINEERED NANOMATERIALS IN THE AGRICULTURAL ENVIRONMENT: CURRENT STATE OF APPLICATIONS AND DEVELOPMENT OF ANALYTICAL METHODS, thèse de A. Gogos.
- en 2018 Nanoparticules dans les produits phytosanitaires et les engrais: une étude présente l’état des connaissances, Agroscope, 7 mai 2018 (A critical evaluation of nanopesticides and nanofertilizers against their conventional analogues, Nature Nanotechnology, Kah M et al., 2018)





Les fabricants et les distributeurs de produits phytosanitaires en France

Une partie de ces acteurs est concernée par la déclaration R-nano.

L'observatoire des pesticides décrit le marché des "phytos".
l'IUPP regroupe une vingtaine de producteurs qui font 95% du marché français. Mais il y aurait 44 fabricants (dont 31 pour les cultures, et d'autres uniquement pour les jardins et espaces verts) selon la base de données des ventes phytodata. Il y a donc 44 acteurs initialement concernés.

Le nombre de matières actives est estimé à 300, déclinées en 3000 spécialités, dont 500 pour usages jardiniers. Parmi ces 3000 spécialités, Avicenn a pu en identifier 42 lors de l'enregistrement R-nano en 2014 (voir graphiques)
Le réseau de distribution est plus dense et diversifié, au total, à minima 500 négociants et 200 coopératives de grains : 700 acteurs.... ce qui conduit à de nombreux déclarants et déclarations redondantes au R-nano.

Voir notre analyse ici.


Deux réseaux permettent de voir la quasi totalité des acteurs : le réseau des coopératives agricoles Coop de France incluant 195 collecteurs de grains et le réseau de 449 négoces agricoles

La pratique des enregistrements est déjà très rodée dans le réseau des distributeurs vers les agriculteurs, dans le cadre de la base nationale de données sur les ventes PHYTODATA (ce qui évite aux agriculteurs de faire des déclarations individuelles, alors que ce sont eux les payeurs de cette taxe en tant qu'utilisateurs finaux.
(voir notre fiche)).

Au niveau international, cinq firmes sont citées ici en janvier 2014 comme actives dans la recherche et la commercialisation de nanopesticides.: "Syngenta, BASF, Bayer Crop Science, Cargill and Monsanto are all undertaking research and commercialization in these areas"

Dans un rapport de juin 2014 publié lors de la consultation sur le registre européen nano, il est noté que "BASF 2013 R&D spending by business segment: Agricultural solutions 477€m (26% of its total spending)"

L'Europe fait le point en 2014


https://ec.europa.eu/jrc/sites/default/files/ipts_jrc_89736_%28online%29__final.pdf


International


En 2015, le GFIA à Abu Dhabi présente des innovations nanos en agriculture

http://www.innovationsinagriculture.com/Event-programme/Project-partners-%281%29


⇒ Fiche suivante : "Quels ingrédients nano dans les différentes agricultures ?"